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8/12/09

I love myself : gentrification à Norrebro

746.jpg Durant la COP15, le sommet de l'ONU sur le climat qui se tient en ce moment à Copenhague, je suis hébergé par un militant. Il habite dans le nord de Norrebro, le quartier cosmopolite de Copenhague : les enseignes sont dans toutes les langues, et à deux rues de chez moi il y a des barbus qui ont lancé la polémique à l'époque de la caricature. Mais l'évolution qui a touché les autres quartiers du centre-ville commence à grignoter ce qui est devenu mon quartier, et les riches envahissent l'espace.

norrebro55 Les en-cas dans la rue sont 30% moins cher qu'en centre-ville, les épicerie proposent les sac de patates par paquet de 5Kg ou lieu d'1Kg, les magasins de voitures ne présentent que des modèles d'occasions...
Dans la rue, je croise des vieux sans dents qui ont l'air un peu dingue, des groupes de femmes "qui ont gardé leur drap sur la tête" comme m'a dit un colocataire, des adolescentes aux traits asiatiques maquillé comme des voitures volés, des étudiants qui fréquentent la bibliothèque voisine.
L'avenue n'est pas très agréable, c'est un grand canal urbain, dont les digues sont des immeubles de brique aux couleurs rouges assombries par le temps humide et la nuit précoce qui vous accueille dès le début d'après-midi. Le fond du canal est animé par des rangées successives : les piétons d'abord, les vélos, puis les bus et enfin les voitures, qui filent à toutes vitesse au milieu de cette ligne droite. C'est tout de même très pratique car le canal s'étend du centre-ville jusqu'à la banlieue, quasiment en ligne droite. Pour moi c'est parfait, je suis relié en bus, métro ou vélo aux principaux sites du sommet officiel ou alternatif de la COP15.

norrebro1 La rue où j'habite est l'une des dernières encore constitué de petites maisons ou d'immeuble bas. Mon immeuble est sur 3 niveaux, ça douzaine d'occupant vivent dans quatre appartements et se croisent toutes la journées, pour cuisiner chez l'un, papoter dans la chambre de l'autre, faire la lessive en commun avec la machine à laver du sous-sol ou chercher ce qui me semble être la dernière pompe à vélo de la maison ! On fait coucou au voisin par la fenêtre, d'autres jeunes avec qui ont fait des collages d'affiches depuis quelques semaines pour annoncer les manifs durant la COP15.

norrebro5 Au coin de ma rue il y a un jardin public, le seul espace vert public du quartier. Un drapeau cubain flotte au milieu, sans doute offert par l'un des groupes communistes qui dont on voit les vitrines par ici. Cet îlot est entouré par des barrières ou des containers qui servent de cabanes de chantiers aux ouvriers. Un groupe de vieilles maisons a été détruites, et des gens du quartier en ont profité pour planter de la pelouse, mettre un banc et des jeux pour les enfants. La dernière maison du groupe est en train d'être démonté et emballé mur par mur, un énorme camion vient les chercher pour sans doute la reconstruire plus loin.

destruction.jpg Les immeubles neufs prennent la place sur les maisons décrépies. Après Vesterbro (quartier de prostitution, des drogues durs et de la gare centrale), Norrebro est la nouvelle cible des riches. Les magasins à la mode arrivent : restaurant à sushi dont le plats de base est deux fois plus cher que le restaurant voisin, coiffeurs-visagiste appliquant les mêmes prix, boulangerie "à la française"... Les vélos (ont est à Copenhague quand même) sont rafistolés au pied d'un immeuble et rutilant au suivant.

IMG_9082.JPGCette gentrification, ou embourgeoisement en français, à lieu quand une classe aisé redécouvre un quartier proche du centre-ville et expulse les plus faibles économiquement qui doivent s'éloigner et chercher des loyers moins cher dans des zones moins accessible et moins équipés en service public.
Plus au sud de Norrebro, en limite avec Frederiksberg (le quartier riche à l'ouest de la ville, avec le lycée français où je suis intervenu), le quartier a connu des émeutes dans les années 1980 pour les mêmes raisons. Des barricades de 3 mètres de haut ont été élevées et des combats avec les forces de police ont eu lieu pour conserver un espace vert. L'un des immeubles limitrophe est maintenant squatté et sert de centre social autogéré pour le quartier. C'est aussi le centre de convergence pour les manifestations contre la COP15.

IMG_9198.JPG Les quartiers populaires sont des lieux de luttes et d'engagements sociaux. Les lieux alternatifs qui servent de point focal à cette activité ne peuvent exister dans les quartiers bourgeois. Du 11 au 18 décembre, le collectif Climate Justice Action appel à une dizaine d'actions ou de manifestations. Sans l'appui logistique du Climate collective rien n'aurait pu se faire. Ces militants fonctionnent sans hiérarchie formelle, sans organisation définie. Ils se réunissent par affinité et arrivent à coordonner des centaines de volontaires et héberger des milliers de militants.

Les lieux alternatifs comme Folkets Hus ou Solidaritetshuset permettent de se réunir, se rencontrer, échanger. Ils focalisent et facilitent le débat politique, fournissent des bases logistiques (stock de matériel d'affichage, lieu de réunion, café associatif, cuisine populaire). Sans ses lieux indépendants, c'est tout un pan de la critique du processus de la COP15 qui n'aurait pas pu trouver de lieu d'expression.

La lutte contre la gentrification est souvent vécu comme une lutte des classes et je la trouve particulièrement intéressante du point de vue du géographe. Pour d'autres exemples, plongez vous dans les archives de Radio Sterni, une radio libre et en français qui m'a fait découvrir le phénomène depuis Berlin.

Billet original sur Un voyage A travers l’Europe et l'Asie sur le theme du changement climatique

27/11/09

Pourquoi le changement climatique n'est pas une question environnementale.

Ce texte s'inspire librement et traduit certaines parties d'un pamphlet plus long et approfondi, réalisé par des individu-e-s proches du réseau Climate Justice Action. CJA organise une mobilisation radicale et des actions directes de masse lors du COP 15, sommet de l'ONU sur le changement climatique à Copenhague en Décembre 2009. Le pamphlet en anglais dans sa totalité est disponible sur : http://notenvironmental.blogspot.com/

Le COP 15 réunira prochainement « dirigeants » mondiaux, multinationales et grosses ONG pour dessiner l'après-Kyoto et tenter d'empêcher une crise climatique catastrophique. L'objectif de ce texte n'est pas de monter à bord du train fonçant des élites en dépeignant une apocalypse imminente, encourageant les politiques basées sur la peur. Il est, en reliant les différents points que sont les différentes luttes, de faire apparaître l'image dans sa globalité. De montrer les enjeux réels des négociations sur le changement climatique, et de dénoncer ce dernier, non comme une question purement « environnementale », mais comme le symptôme qu'il est de la faillite d'un système qui nous détruit et ravage notre planète. Les « solutions » de ce système, dont on sait déjà qu'elles seront les seules abordées à Copenhague, sont basées sur le marché, afin de satisfaire les puissants lobbies des multinationales. Marché du carbone, agrocarburants, énergie nucléaire, mécanismes de « compensation »... Ces fausses solutions n'envisagent pas un instant de réduire les émissions de gaz à effet de serre directement à la source, dans nos pays industrialisés, et sont par conséquent très loin de permettre les réductions d'émissions réellement nécessaires. Elles se révèlent par ailleurs parfois extrêmement dangereuses dans leurs applications, en accroissant dramatiquement les inégalités Nord/Sud, les problèmes environnementaux et l'injustice sociale au sein des pays en voie de développement. Ces pays, ces paysan-ne-s, ont pourtant des solutions. La justice climatique, ces alternatives et solutions réelles qui viennent de la base, sont les enjeux de la lutte globale à laquelle appellent des réseaux comme CJA et CJN (« Climate Justice Network », Réseau pour la Justice Climatique, qui regroupe de nombreux groupes des pays du Sud).

Le capitalisme, ou à qui profite le crime climatique ?

La prise de conscience environnementale généralisée actuelle est utile à ceux qui développent activement la notion de « capitalisme vert ». Il permet de recréer l'adhésion citoyenne à des structures dépassées et décrédibilisées par la crise systémique qui les secoue. Les multinationales repeignent leurs enseignes en vert, leurs campagnes publicitaires rivalisent de « greenwashing »*, et elles poursuivent les mêmes pratiques destructrices.

Avec l'effondrement des marchés financiers, la foi dans le futur du capitalisme a été sérieusement ébranlée. Malgré cela, le même principe qui a conduit à la crise, celui de marché immatériel de produits dérivés**, est à l'origine de la création du marché du carbone, qui invente un prix au CO₂ contenu dans l'air. C'est cela, la proposition principale de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (ou en anglais, United Nations Framework Convention on Climate Change, UNFCCC) : un marché du carbone mondialisé, au sein duquel les entreprises vendent et achètent des crédits symbolisant leur droit à polluer. Ce type de marché immatériel, dont le prix du « bien » est inventé, conduit immanquablement à une spéculation et des pratiques frauduleuses gigantesques, puis à une bulle géante, et à son éclatement. Or cette fois, ce ne sont pas les profits des banques et des multinationales ou nos emplois qui sont en jeu, mais un changement climatique irréversible de grande ampleur qui pourrait laisser nos enfants hériter d'un terrain vague.

Le nouveau « CO₂LONIALISME »

Les multinationales qui en ont les moyens peuvent obtenir des crédits-carbone ; et des mécanismes à la complexité bien pratique peuvent leur en faire obtenir encore davantage, comme le « mécanisme de développement propre », MDP (en anglais Clean Development Mechanism ou CDM). Au sein de ces « mécanismes flexibles », les entreprises reçoivent des crédits en investissant dans les pays du Sud ou en Europe de l'Est, dans des projets qui émettent moins de dioxyde de carbone qu'un autre projet potentiel qui aurait pu être construit à la place. Ce système est infesté de fraudes, parce que l' « autre projet potentiel » est décrit par l'entreprise elle-même, qui décide ensuite de la quantité de CO₂ « évitée ». Ces mécanismes flexibles ne réduisent pas les niveaux d'émissions actuels. Ils sont devenus un prétexte pour augmenter l'expansion industrielle au Sud, en investissant dans des projets de l'industrie chimique ou dans des centrales à charbon.

De plus, selon de nombreuses études, ces projets (qui comptent aussi des monocultures pour la production d'agrocarburants, des constructions de méga-barrages, de fermes éoliennes gigantesques, etc) provoquent de graves problèmes environnementaux, sociaux et économiques là où ils sont implantés. Ces mécanismes légitimisent et accélèrent l'expropriation des terres et l'appropriation des ressources naturelles dans ces pays. L'accord REDD (« Reducing Emissions from Deforestation in Developing countries », réduire les émissions liées à la déforestation dans les pays en voie de développement), actuellement en cours de négociations, intensifie ce processus. Les terres forestières sont privatisées et délivrées aux multinationales, abolissant le pouvoir de décision des populations indigènes ou des communautés locales, ou les bannissant simplement de leurs terres, afin que l'entreprise puisse « préserver » la forêt et profiter des crédits-carbone gagnés. Ironie du sort, « sauver l'environnement » est en passe de devenir la dernière excuse à la mode des autorités oppressives, alliées du nouveau colonialisme vert.

Changer le système, pas le climat !

Au lieu de reconnaître le changement climatique comme l'avertissement ultime nous indiquant que nos systèmes actuels d'organisation, d'utilisation de l'énergie, de production et de consommation ne fonctionnent simplement pas à long terme, les gouvernements et les multinationales prennent en otage l'environnement pour nous embarquer dans une nouvelle vague d'accumulation réservée à une élite. Devant un danger de l'ampleur du changement climatique, la création de nouveaux marchés est la seule solution qu'ont produit près de deux décennies de négociations, sous la coupe des lobbies industriels. Le système capitaliste a peut-être fonctionné suffisamment pour fournir un certain niveau de confort matériel à une minorité d'habitant-e-s de la planète, mais il repose malheureusement sur la croyance fantaisiste que les ressources naturelles, y compris atmosphériques, sont inépuisables. Cette croyance s'effondre. Et comme pour tout ce qui perdure après la disparition des conditions matérielles qui l'ont vu évoluer, le règne de ce système tire à sa fin. Ce qui peut et doit le remplacer, ce sont des alternatives qui existent déjà, communes à maintes expériences locales ; et toutes celles qui restent à créer, pour des modes de vie différents, adaptés au temps présent et à la réalité de la planète.

La production alimentaire et le changement climatique

Agriculture industrielle, fermes-usines et effondrement des écosystèmes

Nous savons que nos méthodes modernes de production alimentaire – agriculture industrielle et production intensive de viande – sont largement dépendantes des carburants fossiles et génèrent des quantités énormes de gaz à effet de serre (GES). Nous savons aussi que notre capacité à produire de la nourriture sera sévèrement réduite par les conséquences du changement climatique. A travers le monde, de petit-e-s fermier-ère-s et des réseaux comme Via Campesina luttent pour la souveraineté alimentaire et la production agricole soutenable à petite échelle. En Amérique du Sud, de nombreux-ses paysan-ne-s n'ont pas accès à la terre en raison de l'accaparement de celle-ci par des multinationales comme Monsanto, qui l'utilisent pour des monocultures de céréales et de soja destinées à nourrir le bétail. Ces compagnies agro-industrielles et agro-chimiques sont invitées aux négociations intergouvernementales et poussent pour une intensification de l'agriculture industrielle, présentée comme leur « solution ».

Ce type d'agriculture injecte dans les sols de vastes quantités d'engrais et de pesticides pétrochimiques toxiques, transporte la nourriture à travers les continents sur des distances absurdes en la réfrigérant.

L'agriculture fermière traditionnelle repose sur la plantation de cultures variées, attirant un large éventail d'insectes dont certains sont les prédateurs naturels de ceux qui endommagent les récoltes. Les monocultures nécessitent au contraire une utilisation accrue de pesticides ; ceux-ci s'écoulent dans les nappes phréatiques et représentent une source majeure de pollution dans toutes les zones agricoles du monde. Ils appauvrissent les sols et provoquent une érosion en tuant des millions de micro-organismes qui maintiennent la fertilité et la structure de la terre. Cet appauvrissement et cette érosion nécessitent par la suite des engrais pétrochimiques en augmentation constante pour maintenir le niveau de production. En dépit de la quantité de bétail produit, les exploitant-e-s de fermes industrielles utilisent des engrais artificiels au lieu du fumier animal. Cela entraîne des émissions d'oxyde d'azote, un gaz à effet de serre environ 275 fois plus puissant que le CO₂.

L'agriculture et la déforestation

L'agriculture industrielle et l'élevage animal intensif requièrent une déforestation importante, qui provoque des émissions de CO₂ massives alors que le carbone absorbé par les arbres est libéré en brûlant. L'assèchement des marais aux mêmes fins relâche de vastes quantités de méthane, un gaz à effet de serre qui a environ 62 fois l'effet du dioxyde de carbone. Alors que les sols sont appauvris, la pression augmente sur les forêts. La déforestation entraîne une diminution de l'eau qui s'évapore dans une zone, réduisant les précipitations. Des récoltes plus maigres en résultent, ce qui pousse les producteur-trice-s de soja et de bétail à utiliser ce qui reste de forêt tropicale humide plus rapidement, perpétuant le cercle vicieux.

Expropriations

Le système industriel, depuis quelques siècles et à travers le monde, a « enclos » les espaces fermiers, forçant les paysan-ne-s pratiquant l'agriculture de subsistance et les petit-e-s fermier-ère-s hors de leurs terres afin qu'elles soient utilisées par les multinationales pour faire pousser des denrées rentables pour l'export comme le cacao, la canne à sucre ou le soja. Des millions de personnes perdent leur terre, leur indépendance et leur capacité à faire pousser leur propre nourriture : elles ne peuvent plus accéder à la nourriture que par le biais du marché. Augmenter le rendement agricole, utiliser la pétrochimie et les nouvelles technologies génétiques a un effet minime sur les taux de la faim dans le monde car cela ne prend pas en compte les questions de l'accès à la terre et du pouvoir d'achat, et cela masque les vraies solutions comme la redistribution des terres et l'accès abordable à l'agriculture.

Production de viande : 51% des émissions globales

Le pourcentage utilisé jusqu'à aujourd'hui, basé sur un rapport des Nations Unies de 2006, indiquait que la production de viande générait 18% des émissions globales de gaz à effet de serre, ce qui représente déjà davantage que tous les transports réunis. Récemment, dans un document publié par le Worldwatch Institute, un « think-tank » américain, deux conseillers environnementaux de la Banque mondiale déclarent que le pourcentage est en fait de 51%. Le rapport précédent mésestimait la contribution aux émissions dans trois domaines : la production de méthane durant la digestion, l'utilisation des terres et la respiration des bêtes.

En plus de toutes les horreurs bien documentées sur le monde de l'industrie de la viande, sa production intensive, ainsi que celle de produits laitiers, est donc responsable à elle seule de davantage d'émissions de GES que n'importe quelle autre activité.

Dans de nombreux pays du monde, la consommation de viande est considérée comme un luxe. L'augmentation de la prospérité dans les pays du Sud mène à l'adoption de modes de consommation de viande calqués sur ceux des pays occidentaux, accroissant la pression sur la terre pour produire la nourriture du bétail, ce qui signifie que de moins en moins de terre est disponible pour la production de nourriture humaine elle-même. Le ratio est approximativement le suivant : pour produire un kilo de boeuf, on utilise huit kilos de céréales. En théorie, on peut donc nourrir huit fois plus de personnes avec une alimentation de base végétarienne. De même pour l'eau : la production de viande en utilise en quantités bien supérieures à la production de cultures végétales.

L'agriculture industrielle : une nouvelle source de crédits-carbone

Depuis peu, l'intensification de l'agriculture industrielle est présentée dans les négociations intergouvernementales comme une « solution » au changement climatique, problème qu'elle contribue à faire empirer. Des propositions sont faites pour inclure l'agriculture dans les sources de crédits-carbone, à travers des mécanismes de compensation comme le mécanisme de développement propre (MDP). Par exemple, les agrocarburants et les cultures d'OGM sont utilisés en les faisant passer pour des « solutions » au changement climatique.

Les dangers des agrocarburants

Les agrocarburants sont promus comme une alternative « écologique » aux carburants fossiles. Ils sont fabriqués à partir de plantes qui produisent du sucre ou de l'huile, comme la canne à sucre, le colza, l'huile de palme, le soja, ou le jatropha, et peuvent servir pour les voitures, les avions, et pour générer de l'électricité dans les centrales.

De vastes étendues de terres sont nécessaires afin de produire suffisamment d'agrocarburants pour remplacer une petite quantité de carburants fossiles. Ils sont devenus la raison principale de la déforestation des forêts tropicales humides. Ils génèrent davantage d'émissions de GES que les carburants fossiles car ils détruisent des écosystèmes entiers. Or, c'est la biodiversité qui garantit un climat stable. Les agrocarburants sont produits par l'agriculture industrielle à grande échelle ; celle-ci est l'une des plus importantes causes du changement climatique. L'étendre pour créer du carburant est une idée dangereuse.

Un porte-parole de l'ONU a déclaré que 60 millions de personnes pourraient devenir des « réfugié-e-s des agrocarburants » - forcé-e-s à quitter leurs terres pour faire place à des régions entièrement couvertes de monocultures d'agrocarburants. En Argentine, 200 000 familles ont d'ors et déjà été forcées à quitter leurs terres pour la culture du soja – bien davantage le seront avec le nouveau boom du soja cultivé pour la production de carburant.

« Nous devons remplir nos réservoirs, alors vous allez devoir mourir de faim. »

Cette équation basique n'est pas loin de la réalité. L'expansion rapide des agrocarburants était l'une des causes principales de la crise alimentaire de 2007-2008, lorsque les prix de différents produits alimentaires ont augmenté de plus de 100%, générant des émeutes à travers le monde alors que les populations ne pouvaient plus acheter de riz ou de maïs. Utiliser des récoltes de produits alimentaires pour faire du carburant pour les voitures et utiliser les terres à ces fins, provoque une augmentation des prix de la nourriture et des terres, ce qui signifie que de plus en plus de personnes n'ont plus les moyens de se nourrir.

Les OGM entrent dans la danse

Les organismes génétiquement modifiés sont déjà présentés par les multinationales comme la solution à l'insécurité alimentaire qui va résulter des effets du changement climatique. On nous dit que les récoltes OGM vont améliorer la productivité et que la technologie va créer des plantes résistantes à la sécheresse et autres problèmes agricoles liés au changement climatique.

Ce qu'on ne dit pas, c'est que la contamination des OGM dans le système alimentaire provoque une perte de la biodiversité et affaiblit les écosystèmes agricoles en les rendant vulnérables aux épidémies, en créant une résistance aux pesticides chez les insectes ; et que la perte de la variété des cultures réduit le potentiel d'un écosystème à s'adapter au changement climatique. L'expansion des cultures OGM justifie davantage de déforestation, contribuant au problème. La plupart des OGM produits aujourd'hui servent à nourrir l'industrie hautement émettrice de la production animale (empoisonnant d'ailleurs à couvert la chaîne alimentaire). Et, ce qui est bien pratique pour les entreprises de produits chimiques (comme Monsanto, qui possède déjà 95% de toutes les cultures OGM au monde, en même temps qu'ils produisent les pesticides et engrais nécessaires à ces cultures), les OGM nécessitent une utilisation d'engrais et de pesticides chimiques accrue, créant de graves problèmes de santé parmi les populations locales.

Les cultures OGM conviennent bien au désir des multinationales de breveter les semences pour qu'elles soient commercialisables de façon exclusive et hautement rentables. Dans les communautés rurales en premier lieu, qui sont les plus répandues au monde et les plus directement affectées par le changement climatique, la modification génétique de l'agriculture va les empêcher d'accéder aux semences (les semences OGM étant quatre fois plus chères que les semences traditionnelles et celles-ci étant rendues de plus en plus difficiles d'accès dans de nombreuses zones). Ce qui va entraîner davantage de pauvreté, de faim, et la destruction de ces communautés, créant davantage de réfugié-e-s environnementaux-ales.

Ultimement, les cultures OGM sont une étape de plus en direction du modèle d'une agriculture exclusivement industrielle, en monocultures intensives pour l'export mondialisé, basées sur l'utilisation intensive d'énergie et de carburants, et affaiblissent considérablement notre capacité à faire face à un effondrement majeur – en pratique, politiquement et physiquement.

Une autre agriculture est possible... et nécessaire !

Cette situation n'est pas inéluctable. Le réseau international des organisations paysannes, Via Campesina, démontre et souligne que l'agriculture soutenable à petite échelle réduit de fait les émissions de carbone et le changement climatique, et minimise l'impact environnemental de l'agriculture sur les plantes et les animaux, de même que sur l'air, l'eau et la terre. Les pratiques d'agriculture biologique et diversifiée augmentent les populations d'oiseaux et de mammifères sur les terres agricoles et assurent la diversité biologique nécessaire aux écosystèmes et à la stabilité des phénomènes climatiques. En terme de préservation et d'augmentation de la productivité des sols et de la biodiversité, l'agriculture soutenable à petite échelle est bien plus efficace que les pratiques industrielles. Elles garantissent de plus la souveraineté alimentaire au niveau local.

La possession centralisée du système de production alimentaire par quelques grosses multinationales détruit les communautés agricoles partout dans le monde, menant à la pauvreté de masse et à la faim. Les responsables de ces multinationales sont assis-es à la table des négociations, et utilisent le changement climatique comme un prétexte pour augmenter leur mainmise et étendre ce système insoutenable et hautement polluant. Le problème ne peut pas être résolu en régulant l'utilisation de tel ou tel composant chimique, ou en bannissant les produits finis qui comportent des OGM dans certains pays. Le problème est systémique, et il requiert une solution qui démonte et remplace le système dans son intégralité.

Le dernier mot (pour l'instant)

Le désastre social qu'est le changement climatique apparaît clairement. On ne peut plus le considérer comme un problème « environnemental » uniquement, ou un sujet dont les scientifiques doivent débattre entre eux-elles. La vraie question maintenant est de savoir jusqu'à quel point le capitalisme va tourner le changement climatique à son avantage, ou bien si ce problème est celui qui va générer la rupture complète du système dont le monde a tant besoin.

Nous avons vu l'Empereur sans ses habits – bien des fois déjà – mais par peur du changement climatique nous sommes prêt-e-s à lui laisser encore une fois le bénéfice du doute. Car si ce n'est pas lui qui s'en occupe, qui peut nous sauver ? Quand les gouvernements assis à la table des négociations sont si loin des peuples qu'ils sont censés représenter, quand les multinationales ont obtenu leur puissance et leur place à cette même table par les pratiques qui sont responsables du changement climatique, vont-ils faire amende honorable et changer de voie, au bénéfice de l'humanité et des écosystèmes desquels nous dépendons ? Ou bien vont-ils continuer à étendre le système de la propriété privée, de l'exploitation et de la technocratie, avec l'aide des frontières et des guerres nécessaires à leur maintien ? Certes, nous devons continuer à poser des questions et à exposer l'empereur dans sa nudité, mais le temps est venu de le pousser loin du trône pour de bon et de brûler cet objet répugnant – et ça fait combien, déjà, en crédits-carbone ?

La volonté d'en finir avec le règne du capitalisme qui a créé ce désastre nous mettra en conflit avec les intérêts des puissants, et leurs valets. La création et la défense des vraies solutions venant de la base ne se feront pas sans lutter. Comme le changement climatique, notre lutte ne doit pas connaître de frontières.

  • Jeu de mots anglais difficile à traduire, relatif au fait de rendre les choses opaques en y appliquant une couche de vernis vert « écolo ».
    • Produit financier dont la valeur dépend de celle d'une marchandise ou d'un autre actif financier.

Billet original sur Un voyage A travers l’Europe et l'Asie sur le theme du changement climatique

14/11/09

Des nouvelles fraîches de Norvège

Bonjour à tous,

Voici une très longue lettre : je ne vous ai pas écrits depuis des mois et pourtant il c’est passé bien des choses. Par où commencer ?

Avant de démarrer, je cherche des contacts pour une rencontre ou de l’hébergement :

  • dans le nord de la Norvège : iles Lofoten (plutôt au sud), Bodö et Narvik à partir de mardi 17/11,
  • à Stockholm, pour le WE du 21 et 22/11 et sans doute quelques jours de plus,
  • et surtout à Copenhague, à partir de la semaine du 23/11 et pour un mois, si possible dans le centre-ville, pour le sommet de l’ONU sur le climat.

Cette annonce faite, reprenons.

Par la fenêtre en face de moi je vois la mer au bout d’un pré, entouré par des montagnes de 1 000m et tombant à pic dans ce fjord de Romsdalsfjorden. Je suis en Norvège, dans le village de Torvik, hébergé pour le moment par un couple franco-norvégien qui a repris la ferme familiale pour faire de l’élevage ovin – en bio. L’hiver est attendu comme un visiteur et doit arriver aujourd’hui ou demain : lorsque la terre sera gelé, il ne sera plus possible de la travailler jusqu’à l’année prochaine. Les journées sont courtes et la ligne de crêtes joue des épaules pour nous cacher ce soleil qui peine de plus en plus à monter au-dessus de la ligne d’horizon.

R

Ma dernière lettre est ancienne et je ne sais pas si je vous avais parlé de ce projet scandinave. Il faut dire que les évènements se sont succédés rapidement et que l’automne a fuit plus qu’il n’ai passé. Après ma participation au camp action climat cet été, j’ai choisi de continuer avec ce milieu militant et de tourner définitivement cette mauvaise page d’AVAAZ.

Septembre, Paris. Brève rencontre avec l’équipe nationale de l’association attac autour de Geneviève AZAM, une universitaire qui est l’actuelle experte du réseau français Urgence Climatique, Justice Sociale, voir l'appel ici. Entretien avec Yvan (auteur de l’enquête Orange stressé) et d’Agnès, du site d’information http://www.bastamag.net/. Un de mes articles va être dans leur dossier spécial climat.

Septembre, Hamburg. Création du groupe de travail pour la manifestation ‘Reclaim Power !’ du réseau international Climate Justice Action, voir l'appel ici. Lors du quinzième sommet sur le climat à Copenhague de la Convention Cadre des Nations-Unies pour les changements climatiques (COP15), nous voulons imposer le 16 décembre un agenda alternatif pour une justice climatique.

Octobre, Minerve. Participation au camp Reclaim the Fields (300 personnes, 20 nationalités) organisé par un réseau européen de jeunes paysans proche de La via campesina, et action contre la SAFER de Languedoc-Roussillon pour réclamer une meilleure distribution des terres pour les jeunes et/ou petits paysans. Pour la première fois, je vais peut-être vendre des photos. Le magazine Campagnes Solidaires de la confédération paysanne m'en a demandé quelques une ! Voir les reportages

Octobre, Montpellier. Atelier Act Now ! des Jeunes Amis de la Terre Europe (40 personnes, 9 pays) pour préparer le sommet de l’ONU sur le climat à Copenhague et échanger sur le thème de la justice climatique : arrêt des fausses solutions comme le marché carbone, la séquestration de CO2 ou les agrocarburants, et mise en place de fonds d’adaptation pour les pays du Sud avec des réduction d’émissions domestique par les pays du Nord. Voir les reportages

Le suicide de mon cousin, céréalier vers Dijon, a été un moment difficile à passer pour notre famille. Tous mes reportages ont été mis en attente.

Je suis ensuite partie en Scandinavie avec deux objectifs :

  • Rejoindre le cap Nord ou au moins passer le cercle polaire. Ce n’est pas la meilleure saison pour le tourisme, mais justement. Et j’ai envie de voir comment est l’hiver arctique.
  • Participer à la COP15 de l’intérieur et de l’extérieur avec les réseaux que je connais depuis le début de l’année.

Voici déjà un résumé de ce début d’automne. Je vous ferais la suite ce soir ou demain (photos de scandinavie, reportage en Suède, Danemark et Norvège), je dois maintenant partir en ville de l’autre côté du fjord voir des pulls tricotés à la main avec la laine locale pendant que le bébé de 6 mois de mes hôtes fera sa visite de contrôle chez le médecin. Nous finirons de planter des piquets pour la clôture des moutons ensuite.

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R

Je suis de retour d’Aandalsnes, la ville voisine et terminus du chemin de fer. Elle est située quasiment en face de là où j’habite mais il faut contourner le Fjord en voiture pour y arriver, soit près de 20km de route verglacé, même le bout du Fjord, un bout de mer peu profond, commence à geler. Pendant que mon hôte faisait ses courses, j’ai visité le magasin de l’usine de laine locale. Je suis reparti avec un bon gros pull de laine feutré qui réchauffera sans doute autant ma mère que moi quand je partirai au-delà du cercle polaire dans quelques jours…

Je reprends donc mon récit pour vous expliquer comment je suis arrivé ici. J’étais en mai en Bulgarie, prêt à retourner à Istanbul et continuer mon voyage en Asie. L’un des buts de mon voyage Avenir climat est de comparer la façon dont asiatiques et européens luttent contre le changement climatique. J’ai fais demi-tour car je ne me sentais pas prêt et que la situation au Pakistan semblait peu sûr, peu avant que les manifestations éclatent (et soit cruellement réprimées) à Téhéran.

J’ai choisis il y a six mois de rejoindre un groupe de jeunes militants pour mener une campagne avant la COP15, afin de participer à cet effort mondial pour obtenir un accord historique contre la crise climatique (l’espoir fait vivre n’est-ce pas ?). Je suis resté dans ce mouvement depuis, pour exprimer ma responsabilité dans la lutte tout en continuant d’effectuer des reportages à l’intérieur de ce nouveau mouvement pour faire connaitre sa diversité.

Pour ceux qui ont bien suivis, le départ d’octobre fut le quatrième du projet Avenir climat :

  • Départ 1, février 2008, pour un tour d’Europe et d’Asie. Passage en Europe méditerranéenne et au Moyen-Orient, puis retour en France en août à cause des difficultés pour obtenir des visas pour Purvi, ma collègue indienne.
  • Départ 2, décembre 2008, en Pologne pour la COP14 et un reportage dans l’ancienne forêt de Bialowieza.
  • Départ 3, mars 2009, pour rejoindre l’Asie en suivant le Danube. Demi-tour en Bulgarie comme expliqué précédemment et retour en France en août pour participer au premier camp action climat.
  • Départ 4, octobre 2009, pour la Scandinavie en hiver, afin de participer à la COP15 et de visiter cette Europe du nord qui n’était pas prévus au départ.
  • Départ 5, prévus en janvier 2010, pour l’Asie. On y croit, on y croit ! Je ne sais pas si la frontière irano-pakistanaise sera sûr pour passer en bus, je ferai peut-être le survol en avion Paris-Bombay. Une sérieuse entorse à l’un des principes de mon voyage, donc je réfléchis encore. La compensation carbone n’étant pas une vraie solution, je vais voir si je peux compenser en adoptant un régime végétarien… Voir les cartes du voyages ici

Cette longue introduction faite, laissez-moi enfin vous raconter ce que j’ai fais depuis ce quatrième départ !

Je suis parti en TGV pour Paris puis j’ai pris un bus pour rejoindre une amie à Brême en Allemagne. C’est, je crois, la dernière fois que je verrai le soleil avant 2 semaines. J’ai ensuite pris le train pour Malmö en changeant à Copenhague. Mon train à pris un ferry au Danemark, c’est impressionnant et encore un mode de transport différent pour moi ! A voir ici http://avenirclimat.info/index.php?post/Photo-du-jour-:-en-train-pour-Malmö

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23 au 25 octobre, Malmö, Suède. Réunion de préparation du sommet de l’ONU sur le climat par le forum européen de la jeunesse (80 personnes, 30 nationalités). J’ai rencontré des personnes intéressantes (Voir la vidéo avec des représentantes des Sami et du Nigéria, tout en anglais, ici) mais la majeure partie ne sont que des habitués des conférences internationales et n’ont aucune idée des enjeux. Reportage également à l’occasion de la journée d’action « 350 » pour réclamer une concentration de 350ppm de CO2 dans l’atmosphère à la fin du siècle. A voir ici

Fin octobre, Copenhague, Danemark. Prise de contact avec les militants locaux de Klima collective, qui assurent entre autres l’organisation logistique du réseau international Climate Justice Action, et du Klima Forum. Visite (en vélo ou sous la pluie froide) de différents lieux qui serviront de centres de convergence, de contre-forum et du centre de conférence de la COP15, le bien nommé Bella Center. (Voir des photos de la ville par ici)

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Je choisis de prendre le ferry pour rejoindre Oslo depuis Copenhague, c’est plus cher et polluant que le bus, mais j’ai envie de voir l’arrivée dans le fjord d’Oslo. J’ai bien fais car je me réveille le 29 novembre au milieu de ce fjord, le bateau immense longeant des forêts aux chaudes couleurs automnale et sous un magnifique soleil dans un ciel bleu parfait. Avant de rejoindre mon hôte, je parcours la vielle ville et le port de plaisance pour prendre les seuls photos ensoleillé de mon séjour dans la capitale norvégienne. Voir les photos ici

Novembre, Oslo, Norvège. Interview à Aas d’Anne Chapuis, une étudiante en glaciologie, sur la fonte des glaces dans l’arctique (Vidéo ici). Reportages autour de Fagernes sur les paysans et le changement climatique avec le groupe européen de Project Survival Media, publication à venir. J’ai notamment rencontré Ole-Jacob Christensen, un éleveur bio mettant en pratique ses principes de décroissance et syndicaliste paysan, spécialiste du climat. Il représente son organisation Smabrukarlaget, l’équivalent de la confédération paysanne, à l’organisation internationale Via Campesina. C’est aussi un francophone

Je vous laisse, David et moi allons planter des piquets de clôture si le sol n’est pas encore gelé. Avec le vent qu’il fait et une température proche de zéro, il faut s’habiller comme au pôle Nord ! A la prochaine !

Une dernière chose à noter dans vos agendas, plus d'information à venir :

  • Vendredi 8 janvier 2010, en soirée : inauguration d'une exposition de mes photographies à l'hôtel de ville d'Autun, pour présenter mon voyage 2008 + conférence avec la communauté de communes sur le résultat des négociations de l'ONU à Copenhague.
  • Samedi 9 janvier 2010, en soirée à la salle des fêtes d'Auxy : repas de soutien pour mon voyage Avenir climat, avec diaporama entre les plats et concert de Boucherie trad en final.

Bonne journée à vous !

Billet original sur Un voyage A travers l’Europe et l'Asie sur le theme du changement climatique

27/09/09

Pour une révolution climatique

Fin juin, j'ai envoyé un texte à la CAPEN, la confédération des associations de protection de l'environnement et de la nature en Saône-et-Loire, affilié à France Nature Environnement. Il a été utilisé comme édito pour son numéro de cet été.

Le climat change et il est urgent d’agir. La phrase est devenue banale, et pourtant rien ne change, ou si peu. Les mises en garde continuent, le problèmes ne sont toujours pas réglés, et le temps va nous manquer.

Le GIEC, ce groupement scientifiques étudiant le climat et prix Nobel de la Paix en 2007, tire une fois de plus la sonnette d’alarme. Il nous reste moins de 10 ans pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre si nous voulons éviter de dépasser les fatidiques +2° de hausse des températures moyennes globales sur la Terre en 2100 par rapport à 1990, l’année de référence. Le GIEC va plus loin et estime que les réductions doivent être de –25 à -40% en 2020 et de -80 à -95% en 2050. Au-delà de +2°C, un point de non retour est atteint et les modèles scientifiques sont impuissants.

edito capen été2009 Les états ont la responsabilité d’agir. Au sein de l’ONU, ils ont adopté la Convention-cadre des Nations-Unies sur le changement climatique à RIO en 1992, puis élaboré le protocole de KYOTO, ratifié en 1998 et entré en vigueur en 2005. Ce protocole liste une série de pays industrialisés qui doivent diminuer leurs émissions de gaz à effet de serre, avec des engagement chiffrés et avant 2012. L’Europe, dont la France, devraient remplir ses engagements tout comme les autres pays. La crise financière aidant, les seuils sont si faibles ( -8% pour l’UE), qu’il n’y a pas de gloire à tirer de ces résultats, d’autant qu’une partie des réductions se sont faites par des mesures comptables avec l’aide du marché carbone.

Il faut résoudre la crise climatique pour garantir la survie de nos enfants. Selon le Forum humanitaire mondial présidé par l’ex-secrétaire général Kofi ANNAN, le réchauffement climatique serait responsable de 300 000 morts par an. Pour l’ONU, 1cm de hausse du niveau de la mer équivaut à 1 millions de réfugiés climatiques. Le rapport STERN estime le coût du changement climatique à 5500 milliards d’euros.. si rien n’est fait.

Cette année en décembre à COPENHAGUE ( Danemark), les états doivent se retrouver pour finaliser l’un des textes le plus important pour l’histoire de l’humanité, faisant suite au protocole de Kyoto. Pourtant, Yvo de BOER, directeur de la convention-cadre reste sans voix quand le Japon annonce un objectif de -8% et estime « physiquement impossible » un accord en 2009 car les Etats-Unis ou le Canada traînent les pieds pour annoncer un seuil de réduction et que l’UE ne fait plus office de leader depuis que son Conseil des ministres des finances de juin a refusé de s’engager pour une aide financière qui permettrait aux pays du Sud de survivre aux impacts du changement climatique.

Que faire alors ?

Je suis parti en voyage en février 2008 pour rencontrer les témoins du climats avec le projet Avenir Climat. En Slovénie, j’ai rencontré Mme BOGATAJ, co-présidente du GIEC, spécialisée en agriculture. Elle se dit désabusée des politiques et pessimiste pour le futur. Elle espère en un « nouveau siècle des lumières » qui révolutionne notre système de pensée. Lors des négociations de l’ONU en Allemagne et en Pologne, j’ai rencontré des négociateurs français qui réclament une pression constante des associations et en espèrent un engagement plus substantiel des politiques.

En Allemagne, j’ai participé à un « camp climat ». Réunissant des activistes, syndicats, partis et associations, ces coordinations allient actions directes et débats. Inexistants il y a 3 ans, il devrait y en avoir une quinzaine cet été en Europe dont un vers Nantes du 3 au 9 août. En résumé, les débats et actions en Allemagne visaient à abattre le système capitaliste dont l’idéologie de production et consommation illimitées a conduit à rejeter dans l’atmosphère des tonnes de carbone, et dont la violence lui a permis de se protéger contre la contestation et de refuser le partage des richesses.

Les écologistes, au plan politique et associatif, préparent et proposent des alternatives depuis des décennies. Il faut maintenant dépasser les messages et actions individuels, dont nous ne pouvons plus nous permettre le luxe. Les actions doivent être massives, rapides, tant que nous avons encore la possibilité de faire des choix. Il faut être sans aucune complaisance avec ceux qui ont le pouvoir d’agir et ne le font pas : il ne s’agit plus de confort mais de survie ; La révolution écologique doit avoir lieu maintenant, tant que nous pouvons faire des choix démocratiques, dans une paix relative.

Benoit KUBIAK – voyageur du climat – membre du bureau d’AUTUN MORVAN ECOLOGIE
Vous pouvez soutenir ce combat en suivant le voyage de Benoît sur http://avenirclimat.info et en vous abonnant à sa lettre benkamorvan@gmail.com ou encore en faisant un don à l’association Avenir Climat c/o M.KUBIAK Le Bourg 71400 AUXY

Billet original sur Un voyage A travers l’Europe et l'Asie sur le theme du changement climatique

18/08/09

Article dans No PASARAN n°75, été 2009

J'ai un article de 2 pages qui a été publié dans le magazine NO PASARAN, dans le dossier "Dérèglement climatique". Pour vous abonner au journal de NO PASARAN, c'est par ici. Pour lire le texte que j'avais envoyé, lire ici.

no pasaran 75 couverture avenir climat

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Billet original sur Un voyage A travers l’Europe et l'Asie sur le theme du changement climatique

27/07/09

Départ pour le camp climat

J'ai enfin quitté le groupe d'AVAAZ et je pars ce matin pour le camp climat à Notre Dame des Landes (44). Je suis partis Vendredi midi de Berlin, j'ai fait une pause à Strasbourg et une autre à Auxy, et je serai ce soir enfin prêt pour aider à monter ce 1er camp français qui se déroulera du 3 au 9 aout. Je pars avec des amis qui font un détour par ici avec leur camping car pour m'aider à emmener du matériel (grosse tentes, caisse à outils, bâches, toiles...)

banniere camp climat

Je vais participer aux débats et aux actions contre le projet fou d'aéroport. Pour plus d'information sur ces deux points, visitez les sites de la Semaine de résistance et du Camp climat..

Je vais organiser Vendredi 7 aout à 18h30 un atelier pour le collectif jeune Urgence climatique, Justice social. C'est ce qui m'a occupé depuis une semaine. Basé sur une base politique commune (cf. appel ci-dessous), des organisations de jeunesse se regroupent pour informer et mobiliser les jeunes sur les campus, en villes et dans les campagnes en vue de la COP15, la réunion de l'ONU sur le climat en décembre à Copenhague.

Je ne sais pas si je pourrais faire des mises à jour du blog d'ici la mi-aout, mais je vous tiendrai informé des résultats de ce camp climat ! Radio Sterni fera peut être une émission depuis le camp, restez attentif !

Urgence climatique, justice sociale

Copenhague - décembre 2009

Site du collectif : http://climatjustice.org/ Attention : ce texte est une version provisoire.

Nous sommes à la croisée des chemins. Issu de l’activité humaine, dans le cadre d’un modèle de production agricole et industriel que les sociétés occidentales ont mis en place et qui se répand sur l’ensemble de la planète, le réchauffement climatique met en danger les moyens d’existence et les vies de milliards d’êtres humains, et menace d’extinction des millions d'espèces, alors que, d'ores et déjà, des populations entières sont affectées, en particulier les femmes, les peuples indigènes, les paysan-ne-s, les travailleur/ses, des classes sociales les plus défavorisées.

Face à cette crise écologique et sociale, mouvements sociaux, organisations écologistes, politiques et scientifiques du monde entier appellent à une action urgente et radicale.

En décembre prochain se tiendra à Copenhague la Conférence des Nations Unies sur le changement climatique qui doit déterminer les objectifs et les solutions à mettre en œuvre à l’échelle internationale pour prolonger le protocole de Kyoto qui prend fin en 2012.

Selon les climatologues, il faudrait que les premiers responsables de l’émission des GES, les pays industrialisés, réduisent leurs émissions de 25 à 40 % d’ici 2020 et de 80 à 95 % d’ici 2050, par rapport à 1990. Maîtriser l’augmentation des émissions dans ces proportions est impératif pour limiter à 2°C la hausse des températures par rapport au niveau de l’ère préindustrielle. Au-delà, l’emballement climatique se produirait : il ne serait plus possible de maintenir une température vivable sur terre.

Les politiques actuelles sont dans l’impasse

Jusqu’ici, les mesures mises en œuvre et prévues par les différents États sont tout à fait insuffisantes pour atteindre de tels objectifs. Les mesures que préconise notamment l’Union Européenne, qui n’envisage de réduire ses émissions que de 20 % en 2020, sont très en deçà des enjeux. Alors que leur production de gaz à effet de serre par habitant est la première au monde, la proposition des Etats-Unis (réduction de 5 % des émissions sur la même période) est, quant à elle, une véritable provocation vis-à-vis des autres Nations de la planète.

Les solutions proposées actuellement ne sont pas crédibles, car elles reposent essentiellement sur les mécanismes de marché, alors que la crise économique et financière a, une fois encore, montré leur incapacité à se substituer à l’action publique et collective. La politique du « marché pilote » avec les droits à polluer, est clairement défaillante et les projets en ce domaine de l’Union européenne et des Etats-Unis relèvent du mirage idéologique.

Les fausses solutions sont également technologiques. Le nucléaire, outre qu'il s'agit d'une technologie coûteuse et porteuse de risques majeurs, ne peut être en aucun cas une solution : même un développement ambitieux du parc nucléaire ne réduirait les émissions de gaz à effet de serre que de façon très marginale. Les agro-carburants industriels quant à eux posent de nombreux problèmes environnementaux et aggravent la crise alimentaire, sans contribuer à la diminution des émissions.

Des mesures véritablement alternatives sont nécessaires.

Les objectifs de réduction des émissions de GES à atteindre ne peuvent l’être que par l’adoption, par les collectivités, les pays et les ensembles régionaux, de mesures radicales et alternatives :

  • Taxation internationale de l’énergie et des transports,
  • Re-régulation du commerce international, garantissant notamment la souveraineté alimentaire, développement massif de l’agriculture paysanne, au Nord comme au Sud
  • Relocalisation des activités économiques, rapprochement des lieux de vie et de travail, maîtrise de l’urbanisation, développement des transports en communs, ralentissement de la croissance du transport aérien…
  • Rénovation massive des bâtiments ; réorientation des investissements, notamment de recherche, vers les énergies renouvelables, la co-génération, l’efficacité énergétique et les projets écologiquement soutenables ; valorisation de la sobriété énergétique…
  • Promotion d’un modèle alimentaire autre que le modèle occidental majoritairement à base de protéines animales, afin de pouvoir diminuer les cultures utilisées pour l’élevage et réduire les émissions propres au secteur agricole.
  • Démocratisation de l’économie qui doit être réorientée vers la satisfaction des besoins sociaux et écologiques et non la recherche de profits à tout prix ou le dictat de la société de consommation et du productivisme : soutien aux circuits courts, à l’économie sociale et solidaire, au secteur coopératif…
  • Reconnaissance et protection des biens publics mondiaux tels que l’énergie, le climat, les forêts, la terre et l’eau… ; arrêt de la déforestation, protection des forêts primaires, défense de la biodiversité…

Le principe de Justice climatique et sociale doit être au centre des politiques mises en œuvres

La responsabilité historique des classes dirigeantes mondiales et des pays du Nord dans cette crise doit être reconnue. La justice et l’équité exigent que soit réparée la dette écologique du Nord, a minima par l’annulation des dettes du tiers-monde. Les transferts technologiques respectueux de l’environnement et des sociétés au Sud doivent être financés et l’aide publique augmentée, sans que cela exonère le Nord de ses propres objectifs de réduction des émissions. Les réfugiés climatiques doivent être reconnus et accueillis.

Au sein de chaque pays, des mesures d’accompagnement et de justice sociale sont indispensables afin que chacun puisse faire face aux changements à mettre en œuvre, en ayant la certitude que les efforts seront partagés par tous. Il faut garantir un accès juste et équitable aux biens et services essentiels tels que l’énergie, qui ne doivent pas être laissés au marché mais faire l’objet d’une réappropriation par la société.

Une autre répartition des richesses doit permettre une transition solidaire au Nord comme au Sud. C’est pourquoi un revenu digne doit être garanti à chacun, et les revenus financiers et du patrimoine doivent être lourdement taxés, afin de dégager les moyens nécessaires à la transformation des économies

La gestion des financements doit être démocratique et garantir la participation des populations locales.

Les sommes colossales investies dans le sauvetage du système bancaire montrent que les moyens financiers ne font pas défaut. Ces mesures à prendre qui concernent donc en premier lieu l’Europe et les autres puissances responsables de la majeure partie des pollutions, doivent être débattues démocratiquement et faire l’objet de politiques publiques audacieuses, passant outre les intérêts des grands lobbies – notamment des hydrocarbures, et définissant une production industrielle axée sur les besoins et non sur le profit ainsi qu'une répartition plus juste des richesses naturelles et produites.

En France, nous appelons les associations de défense de l’environnement, syndicats, associations de solidarité internationale, organisations politiques, collectivités locales, et plus généralement tous les citoyens à rejoindre la mobilisation internationale, pour construire ensemble une campagne qui nous permette de peser sur les décisions du sommet de Copenhague de décembre 2009.

Mobilisons-nous maintenant pour le climat et la justice sociale !

Site du collectif : http://climatjustice.org/ Attention : ce texte est une version provisoire.

Billet original sur Un voyage A travers l’Europe et l'Asie sur le theme du changement climatique

14/07/09

G8 et AVAAZ

Bonjour,

Je vous écris de retour de Rome, je suis à Berlin. Je viens de passer quelques jours en Italie pour participer au G8 avec l'équipe d'Action Factory à laquelle je participe.

Le G8 2009 en ItalieG8 action

Après la France en 2003 et l'Écosse en 2005, j'ai participé à mon troisième G8. Ce "club" (il n'y a pas d'autre définition officielle) des puissants réunis la France, l'Italie, la Grande-Bretagne, l'Allemagne, la Russie, les États-Unis, le Canada et le Japon.

C'est à ce moment que sont choisit les politiques qu'ils veulent impulser au sein du FMI, de la Banque Mondiale ou des négociations climat au sein de l'ONU. Dans ses dernières déclarations, la réunion préparatoire du G8 sur l'énergie parlaient de liberté de commerce, de garantir la production d'énergies fossiles et nucléaire. Les politiques d'énergies renouvelables, d'efficacité énergétique et d'économies d'énergie sont vus uniquement pour la sécurité des pays du Nord. Rien sur l'aide des pays touchés par le changement climatique ou pour les réfugiés climatique.

Depuis des années, la contestation augmente contre cette réunion qui décide de l'avenir du monde en dehors de toute démocratie. La presse et la société civile sont tenus à l'écart des réunions, et seuls les conférences de presse laisse filtrer le peut d'information que souhaite chaque délégation.

Il y a 8 ans, l'Italie accueillait déjà le G8 à Gênes. Un manifestant avait été tué par la police. L'école Diaz qui abritait le centre des média indépendant avait cerné puis 'nettoyés' de ces ordinateurs et occupants, du sang maculait les murs et le sol. Des dizaines de manifestants avaient été retenus en prison et torturé (interdiction de s'assoir, refus de médicament, arrachage de piercing...) ou humilié (mise à nues des femmes devant les policiers, salut fasciste à faire...).

Cette année, Berlusconi a choisis la zone de l'Aquila pour accueillir le G8. La zone est dévasté par le tremblement de terre. J'ai vu les camps de tentes, les bâtiments en ruines et la présence de l'armée. Les habitants souhaitent reconstruire leur ville mais ont de plus en plus de mal à supporter le couvre feux, les contrôles incessant, la limitation de l'expression (télé arrêté la nuit, interdiction de diffuser des tracts, contrôle des réseaux de téléphonie...), etc. Toute manifestation non autorisé est impossible tant la zone est militarisé (garde civile, toutes les armées, police pénitentiaire, police municipale...). Tous les accès à l'autoroute depuis Rome, à 120 km, sont contrôlés par la police. Des hélicoptères surveillent Rome en permanence. Les accords de Schengen ont été levé et le contrôle aux frontières de l'Italie est à nouveau appliqué. Des arrestations 'préventives' d'activistes ont lieu grâce aux lois anit-terroristes, etc.

Dans ces conditions, et pour la première fois depuis Gênes, aucune coordination des militants n'a été possible, que ce soit du côté des grandes ONG comme attac ou le WWF, ou des activistes plus radicaux comme les anarchistes. Aucun centre de convergence, d'hébergement ou d'information n'a pu être mis en place. Deux espaces occupés à Rome ont servis de point de ralliement pendant 3 jours avant d'être vidés par la police et les personnes présentes arrêtées.

Pendant ce temps à L'aquila, des amis accrédités au sein du G8 expliquaient que les médias disposaient des 3 bars à thèmes, d'un centre de remise en formes, de massages, dans un luxe qu'ils ne connaissaient pas.

Présence d'AVAAZ durant le G8

G8 controle Dans ce cadre, j'ai participé à l'équipe d'Action Factory financé par Avaaz pour demander un accord ambitieux à Copenhague en décembre 2009 dans le cadre des négociations de l'ONU. Je ne suis pas sur de rester dans ce groupe d'Avaaz, je l'avais rejoint à la mi-mai en faisant un virage depuis Sofia en Bulgarie. Nous avons une semaine de discussion en groupe pour faire le point sur la ligne politique d'AVAAZ, sur notre relation de groupe avec AVAAZ et enfin sur notre fonctionnement interne pour tendre faire une organisation plus horizontale.

AVAAZ est une ONG américaine qui n'a aucune ligne politique clair. Depuis 1 mois, je n'arrive pas à avoir de réponse par mail ou en discutant avec ses membres dirigeants. En dehors d'organiser des pétitions par email, je ne sais pas ce qu'elle souhaite faire. Ces messages sont très peu ambitieux (un bon accord à Copenhague, garder le climat frais...) et n'ai appuyé par aucun document de réflexion ou de campagne autre qu'une pétition de temps à autre.

Elle annonce 3 millions de membres alors qu'il n'y a aucun adhérent mais une liste de 3 millions d'adresses emails. Si vous ou vos amis faites parties de ces listes, je vous encourage à vous renseigner sérieusement avant de continuer, et à demander des détails sur l'utilisation de leur financement avant de faire un don (budget annuel annoncé par Ben Wickler, le dirigeant de 28 ans : 5 millions de dollars pour une équipe de 10 permanents).

Si vous avez plus d'info que moi, merci de me les communiquer.

Le travail fait en Italie

L'une des 2 actions d'Action Factory étaient un striptease sur les escaliers de la place d'Espagne à Rome. Vous pouvez voir les photos et les articles dans les médias ici : http://www.flickr.com/photos/europeactionfactory et https://sites.google.com/a/actionfactories.org/eu-actionfactory/Home/media

Je pense que l'impact en dehors des articles dans la presse est quasiment nul. Suite à cette action, puisque je tenais la bannière, la police a contrôlé mon identité durant 2h, dan la rue puis au poste de police. 2 autres personnes ont été contrôlé avec moi. En principe, rien de devrait nous arriver, il nous est juste reproché de ne pas avoir demandé d'autorisation.

Mes photos de la ballade à Rome est aussi en ligne, ainsi que le trajet de Berlin à Rome en passant par Innsbruck car j'ai conduis le van de matériel du groupe. http://www.flickr.com/photos/benkamorvan

Dernier lien : http://radiosterni.qsdf.org/, une webradio avec une émission spécial climat avec Avenir Climat le jeudi 23 juillet à partir de 20h30

Merci à tous de me suivre !

Billet original sur Un voyage A travers l’Europe et l'Asie sur le theme du changement climatique

29/06/09

Le programme d'Avenir climat pour les mois à venir

Paris

Je pars demain pour Paris :

Berlin

Mercredi, départ pour Berlin où je rejoinds à nouveau l'Action Factory, un groupe de militants piloté et financé par une ONG américaine, Avaaz.. J'avoue que j'ai un peu de mal avec cette organisation, mais je me sens obligé de continuer vu que j'ai changé de route en Bulgarie. Je me fixe comme objectif de participer jusqu'à la mi-juillet, après le G8. J'aviserai ensuite.

  • Je me sens mal à l'aise car les "actions" mises en place et financées sont principalement de se faire prendre en photo pour passer dans les médias avec un message. Pour moi c'est de la communication, et je doute de l'impact quand les cibles sont des chefs d'Etat ou de gouvernement. J'espère même que ce n'est pas un article de presse qui décide de la politique !
  • Le deuxième problème est le leadership dans le groupe, piloté par 2-3 personnes. On a une organisation politique pyramidale pré-existante que j'ai rarement vue au préalable ! Le planning est fixé à l'avance et très chargé avec grosso modo une semaine de préparation pour 1 journée d'action en flux continue. Du coup les membres d'Action Factory n'ont quasiment aucun débat politique, militant pour des 'green jobs' sans que ce terme ne soit expliqué ou comprit, et listent notre empereur Sarko 1er comme un "allié" dans la lutte contre le changement climatique !
  • Troisième problème : le manque d'expérience au sein du groupe. Sur la quinzaine de jeunes, très peu de militants ont de l'expérience ou une conscience politique de base. Le groupe est international, avec peu de connaissance du militantisme en Europe. Résultats : demande d'accréditation pour le G8 comme si c'était l'ONU, et des actions locales sans tenir compte des militants locaux (lors du MEF à Paris, ou récemment à Berlin).
  • Pour les points positifs : possibilité d'agir 'tout frais payé', sans se préoccuper de financer hébergement, restauration, transport et matériel pour l'action. Découvrir des jeunes de plusieurs pays avec des cultures différentes. Être impliquer activement dans des évènements européens. Apprendre certains aspects du militantisme que je n'avais pas pratiqué pour le moment (préparation d'action médiatique, cibler des personnes politiques). Découvrir la diversité des accents anglais, américains, néo-zélandais, australiens, ajouté aux mots d'argots, un vrai bordel ! Découvrir les réseaux anglo-saxons, leur campagne +1.5°C et 350 ppm (qui sont audacieux ou utopique, mais pas mauvais)...

Asie

Cet automne et jusqu'à la fin de l'année, a près mon étape Action Factory, je vais reprendre mon trip en direction de l'Asie. L'idée d'Avenir climat est toujours de comparer des initiatives européenne et asiatique de lutte contre le changement climatique. Avec mon objectif de "voyage sans avion", je me trouve un peu mal en ce moment avec l'Iran et dans une moindre mesure le Pakistan qui sont impossible ou difficile à traverser. J'ai 3 options pour rejoindre l'Inde et l'Asie du Sud-est :

  • passer par le Nord avec le Transsibérien dès la fin de l'été de Moscou à Pékin. Je fais mon tour en Asie dans le sens horaire et je termine par l'Inde dans 1 an. Il faut que sa colle avec le projet de documentaire en Inde.
  • passer au Moyen-Orient pour rejoindre l'Inde, mais vous connaissez un bateau qui fait Dubai - Bombay, vous ? ou même Masqat - Bombay ? (à vos atlas !)
  • passer par l'Ukraine puis l'Asie centrale et rejoindre la ville-carrefour et mythique de Kachgar (ou Kashgar, Kashi...) en Chine, puis plein Sud sur le Cachemire indien. Pas simple, et très long.

Copenhague

Reste la grande question du mois de Décembre. Je mettais fixé l'objectif de passer Noël les pieds dans l'eau chaude sur une plage en Thaïlande... C'était en décembre dernier, lorsque j'étais en Pologne et qu'il faisait nuit à 15h. Après avoir bossé 2 semaines à Bonn avec le programme Adopt a Negociator, j'espère rester au sein de leur équipe jusqu'à Copenhague, et qu'ils me payent ma participation à la COP15, ce qui incluent surtout le billet d'avion Asie-Danemark !

Projets

D'ici là, j'ai quelques projets sur le feu :

  • Radio Aligre m'a proposé une chronique hebdo. Il faut que je prépare quelques sujets et que je m'y mette. Avec de la chance, ce sera une source de financement complémentaire pour le voyage si cette radio associative arrive à récolter des subventions. J'aurais du même coup des sons à diffuser sur mon blog ou d'autres radio.
  • J'aimerai bien trouver un groupe de 2-3 technophiles pour monter un site pour suivre les négociations climat (et hop, 3 infinitifs dans une phrase !). L'idée est d'adapter un type de journalisme de lien avec du web 2.0, rassembler un paquet de médias avec des blogs, photos, vidéos, sons, twett, mailing list ... et permettre à l'internaute de réagir sur un site communautaire.
  • J'ai rencontré Sébastien, directeur de la maison de l'environnement de Dijon. Il est intéressé pour co-produire une expo pour début 2011, qui tournerait ensuite en location. L'idée est de parler de changement climatique en utilisant comme accroche un bourguignon parti sac au dos en Europe et Asie (le 'Nicolas Bouvier du climat' qu'il a dit, à peine plus pire que 'le missionnaire du climat'...). On veut présenter la nécessité de lutter collectivement contre le changement climatique, les écogestes étant indispensable mais insuffisant.
  • Karim et Frédérique réfléchissent à une action de soutien pour le voyage, un concert ou un repas d'ici cet hiver, qui permettrait de financer le projet car les subventions publiques qui nous ont lancé sont terminé (il faut que je fasse le bilan d'ailleurs).
  • Je dois écrire des articles pour plusieurs magazines, qui pourrait éventuellement les publier et les payer, une autre façons de faire connaitre Avenir climat et de se financer : Vents du Morvan Terra Eco, l'Age de faire...

Billet original sur Un voyage A travers l’Europe et l'Asie sur le theme du changement climatique

28/06/09

Le point sur le voyage pour gensdumorvan.fr

Le nouveau site http://www.gensdumorvan.fr, un réseau social pour le Morvan, Son but est d'entretenir le lien social en soutenant les efforts de solidarité locale et en facilitant la circulation des informations.

La rubrique Initiative couvre régulièrement mon voyage Avenir climat, et j'ai rédigé un texte pour expliquer mes tours et détours.

logo gensdumorvan

Bonjour aux gens du Morvan ! Voici une explication de mon parcours en zig-zag à travers l'Europe depuis près d'un an et demi.

Le projet Avenir climat a démarré en novembre 2006 et je suis en voyage depuis février 2008, il m'a fallu du temps pour préparer le budget, les objectifs, les partenariats avec les écoles ou les médias...

J'ai fait une très longue pause de septembre 2008 à mars 2009. J'étais rentré en France car ma coéquipière indienne, Purvi MAKWANA, n'avait pas pu obtenir d'autres visas pour continuer la route avec moi; Je me suis ensuite retrouvé à monter une vidéo (offerte en DVD aux donateurs !) et à faire quelques conférences en Bourgogne. L'idée de réaliser un vrai film pour la TV c'est rajouté au projet, et j'ai fait un saut en Pologne en décembre pour me dérouiller les jambes.

En mars 2009 je suis donc retourné sur la route, dans l'idée de rejoindre l'Asie, l'un des objectifs de mon projet étant de comparer les solutions de lutte contre le changement climatique entre le continent européen et asiatique. Mais après avoir longé le Danube jusqu'à la mer noire, j'ai reçu un mail me proposant de rejoindre un groupe de militant en tant que volontaire. J'ai donc remis de 3 mois mon passage en Asie pour ne plus être simplement observateur mais pour participer à des rencontres internationales en Europe comme militant actif.

L'évènement le plus récent était à Bonn en Allemagne. Du 1er au 12 juin j'ai participé à une réunion de travail de l'ONU pour la suite du protocole de Kyoto. Avec une équipe de jeunes représentant 10 pays, nous avons suivis jour apres jour les diplomates, leur demandant de se présenter et de nous expliquer leur travail. Nous avons publié tout cela sur Internet pour montrer les progrès ou les reculs des négociations.

Je me trouve en France depuis le 13 juin, pour acheter un nouvel ordinateur suite au vol dont j'ai été victime en Serbie. Je dois repartir très bientôt à Berlin rejoindre le groupe de militant. Normalement je reste avec eux en Europe jusqu'à fin août, puis je pars en Asie... Je dis normalement, car mon voyage n'est pas linéaire et je vais là où le vent me pousse. Pour l'instant, l'Iran et le Pakistan ne me semblent pas très sûr, peut-être ferais-je le tour par le transsibérien pour rejoindre l'Asie par la Chine... A suivre !

Billet original sur Un voyage A travers l’Europe et l'Asie sur le theme du changement climatique

27/06/09

Interview pour la Semaine de résistance. 4/4

Géronimo de No pasaran m'a demandé une interview pour présenter mon voyage dans une revue qui sera publié à l'occasion de la Semaine de résistance à l'aéroport de Notre Dame des Landes et du 1er Camp Action Climat en France.

Cette quatrième et dernière partie traite de la façons de travailler hors de la riche Europe de l'ouest puis de la solidarité entre les peuples pour la lutte contre le changement climatique.

no airport ndl

  • Latroisième partie traite des liens entre réchauffement climatique et la situation sociale et économique puis sur les impacts différents entre Europe de l'ouest et de l'Est.
  • La deuxième partie présente 3 initiatives recueillis en 2008 au Liban avec une activiste, en Allemagne avec un paysan de Côte d'ivoire et en Slovénie avec une scientifique du GIEC.
  • La première partie de l'interview présente le projet Avenir climat et fait le point après 1 an et demi de voyage.

N'y a t'il pas une certaine "indécence" à aller dans ces pays pour leur parler de la question du réchauffement climatique quand l'Occident continue à les exploiter et à les piller de leurs ressources ?

Non. Je voyage en utilisant les transports en communs locaux et je suis hébergé chez l'habitant ou dans des hôtels bon marché. Ma famille me supporte en France, mais je n'ai tout de même ni voiture, ni maison, ni salaire, contrairement à la majorité des personnes que je rencontre en voyage. Hormis le matériel nécessaire à mes reportages, j'essaye d'avoir un mode de vie d'un niveau comparable à celui des personnes que je côtoie.

Je ne pars pas en donneur de leçon, mais au contraire pour apprendre. Je veux savoir comment le changement climatique est vécu et combattu par des femmes et des hommes que je rencontre personnellement dans les pays que je traverse. Je pense que les personnes qui suivent mon voyage sont curieuses de connaître les initiatives vécues par d'autres, et j’espère que toutes ces expériences contribuent en France à mieux connaître le changement climatique. Peut-être que certains prendront même de nouvelles initiatives pour agir !

J'ai la chance d'avoir un passeport européen, ce qui facilite le passage des frontières. J'ai aussi la chance d'avoir une éducation et une organisation qui me permettent de faire ce voyage. Je pense que je fais partie des quelques chanceux qui bénéficient d'une certaine liberté et que je peux utiliser cette liberté pour faire connaître une communauté informelle internationale qui s'organise pour lutter contre le changement climatique.

Comment voyez-vous la solidarité entre les peuples pour faire émerger une conscience écologique internationale ?

Pfff, je ne sais pas trop. Il faut avoir conscience de faire partie d'un groupe pour éprouver de la solidarité, et ensuite avoir les moyens de concrétiser cette solidarité. Des réseaux existent, d'individus, d'ONG, d'organisations publiques, mais il est difficile d'appréhender la réalité de ces réseaux sans y appartenir. Le plus souvent, les personnes que j'interview sont contentes de s'exprimer et de savoir que leurs expériences vont être présentées à l'extérieur de leur pays, même si certaines bénéficient déjà de bons relais à l'internationale. Lorsque je fais des présentations en France, des personnes viennent me voir pour me dire qu'elles ont appris bien de choses qu'elles ignoraient sur le climat, alors que pour moi le changement climatique doit être un acquis dans notre culture.

Pour qu'une conscience écologique internationale existe, il faut développer l'information et la sensibilisation, il n'y en a jamais assez, et intensifier les échanges au-delà des barrières que sont les cultures, les langues, les frontières et le niveau de développement des peuples . Je pense tout de même que les initiatives comme les camps climats qui naissent un peu partout dans le monde, y compris dans le Sud, ou comme la mobilisation internationale autour de la COP15 de Copenhague pour décembre 2009 sont de bonnes étapes. Les activistes et les organisations du Nord doivent avoir conscience également des besoins de leurs homologues du Sud en terme de moyens financiers, de coordinations et de transport. La solidarité doit se construire.

Billet original sur Un voyage A travers l’Europe et l'Asie sur le theme du changement climatique

25/06/09

Interview pour la Semaine de résistance. 2/4

Géronimo de No pasaran m'a demandé une interview pour présenter mon voyage dans une revue qui sera publié à l'occasion de la Semaine de résistance à l'aéroport de Notre Dame des Landes et du 1er Camp Action Climat en France.

Cette deuxième partie présente 3 initiatives recueillis en 2008 au Liban avec une activiste, en Allemagne avec un paysan de Côte d'ivoire et en Slovénie avec une scientifique du GIEC. La suite sera publié par épisode jusqu'à samedi.

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La première partie de l'interview présentait le projet Avenir climat et faisait le point après 1 an et demi de voyage.

Pouvez-vous nous présenter quelques-unes de vos rencontres ?

1/ L'Arab Climate Alliance

Je n'avais pas prévu d'aller au Moyen-Orient, mais suite à un contact sur Facebook j'ai fait un détour depuis Istanbul pour aller à Beyrouth en avril 2008. J'ai passé plus d'une semaine avec Dalia OBEID, d'IndyACT, la ligue des activistes indépendants du Liban. Cette jeune association a fait le bilan des ONG du monde arabe travaillant sur le climat et c'est rendu compte qu'elles sont moins nombreuses qu'en Afrique. Elle a donc lancé le projet de l'Arab Climate Alliance pour rassembler les ONG, faire de la formation et organiser un lobbying en direction de la ligue arabe.

325 millions d'habitants sur 23 pays sont concernés, les enjeux sont nombreux. L'Arabie Saoudite est l'un des principaux pays qui bloque les négociations de l'ONU sur la suite du protocole de Kyoto. Le manque d'eau déjà important dans la région, qui est aussi une source de conflits armés, va augmenter avec le réchauffement du climat. La nappe d'eau alimentant la bande de Gaza en eau potable va devenir de plus en plus saline et impropre à la consommation. Le delta du Nil risque d'être inondé et ses habitants devront fuir. Les côtes, espaces de développement touristique et de communication, vont être détruites par la hausse du niveau de la mer. Pourtant, le monde arabe dispose d'un espace suffisant et de conditions idéales pour produire de l'électricité photovoltaïque pour lui-même et ses voisins.

La lutte contre le changement climatique est un enjeu important pour cette zone sous tension, et la paix ne pourra avoir lieu qu'en limitant les impacts du changement climatique.

2/ La dette écologique

J'ai participé au Camp Climat allemand en août 2008. J'ai rencontré Victor Nzuzi Mbembe, paysan de Côte d'Ivoire, porte-parole de Via Campesina et du Comité pour l'annulation de la dette du Tiers Monde. Son témoignage poignant explique le phénomène de migration des villageois vers les villes. Le changement climatique modifie les rythmes de pluviométrie et les paysans ne peuvent pas adapter leur agriculture. Les récoltes sont moins bonnes et des familles se trouvent forcées de se déplacer en ville en espérant trouver de quoi survivre. Pour certains, la migration suivante est la fuite en Europe car les villes africaines ne peuvent subvenir à leurs besoins de base. Au péril de leur vie, ils traversent déserts et océans et affrontent la forteresse Europe. En réponse, l'Union européenne développe une politique sécuritaire appelée "Frontex" pour renforcer le contrôle de son territoire au-delà de ses frontières, au Magreb par exemple.

Les paysans africains se voient infligée une double peine par les pays du Nord. Premièrement, c'est le Nord qui a pollué l'atmosphère et est responsable du changement climatique. Mais les premières victimes sont au Sud, parmi les populations qui ont le moins de moyens pour s'adapter, comme ces paysans cultivant leur terre sans outils et qui ne peuvent s'offrir un système d'irrigation. Deuxièmement, le Nord continue une politique néo-coloniale en exigeant le remboursement d'une dette plusieurs fois payée par le Sud et qui empêche ces pays de développer des politiques de protection de l'environnement, de santé, d'éducation...

Il faut que le Nord reconnaisse sa dette écologique envers le Sud, qu'il annule les dettes et commence à payer pour les mesures d'adaptation aux impacts du changement climatique et de développement.

3/ Pour un nouveau siècle des lumières

En février 2008 j'ai eu la chance de rencontrer Mme BOGATAJ à Ljubljana en Slovénie. Cette scientifique spécialisée en agriculture est co-présidente du groupe de travail n°2 du GIEC en charge de l'adaptation au changement climatique. Le GIEC est le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat, il a obtenu le prix Nobel de la paix en 2007 pour son travail d'étude du changement climatique.

Elle venait de réagir dans la presse au fait que l'Union Européenne n'avait pas fixé d'objectif à la Slovénie pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre. C'est comparer la Slovénie à un pays en développement alors que ce pays qui présidait à cette époque l'UE devrait également réduire ses émissions. Elle me présente les impacts économiques du changement climatique pour son pays : sécheresses estivales et risque de désertification diminuant la production agricole alors qu'une part importante des exploitations sont encore familiales, diminution de l'enneigement et baisse de l'activité touristique, inondation plus fréquentes et mortelles dans des villes et villages qui ne sont pas adaptés à ce type de nouveau risque.

Après plusieurs années au sein du GIEC, Mme BOGATAJ se déclare de plus en plus pessimiste. Les politiciens qu'elles côtoient à tous les niveaux ne prennent pas conscience de l'urgence climatique. Elle souhaite un nouveau siècle des lumières, un changement radical de notre mode de pensée qui nous permettrait de trouver des solutions indépendamment du système qui a engendré le problème.

Plus de lien sur FRONTEX :

Billet original sur Un voyage A travers l’Europe et l'Asie sur le theme du changement climatique

24/06/09

Interview pour la Semaine de résistance. 1/4

Géronimo de No pasaran m'a demandé une interview pour présenter mon voyage dans une revue qui sera publié à l'occasion de la Semaine de résistance à l'aéroport de Notre Dame des Landes et du 1er Camp Action Climat en France.

La première partie de l'interview présente le projet Avenir climat et fait le point après 1 an et demi de voyage. La suite sera publié par épisode jusqu'à samedi.

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Pouvez-vous nous présenter votre projet ?

J'ai étudié la géographie puis travaillé 6 ans pour une communauté de communes en tant que chargé de mission développement durable. J'ai participé également à des activités militantes durant toute cette période, avec des associations locales de protection de l'environnement ou des collectifs internationaux mobilisés contre le G8 par exemple.

En 2007 j'ai décidé de changer de mode de vie et d'action, et j'ai monté le projet Avenir climat. Le but est de partir sur la route rencontrer celles et ceux qui luttent contre le changement climatique pour témoigner de leurs actions. Politiques, scientifiques, paysans, ONG, individuels, tous sont conscients du bouleversement écologique et social qui a lieu en ce moment. Leurs réponses sont diverses, en fonction de leurs moyens, de leur culture, du contexte local mais peuvent nous inspirer en France.

En Bourgogne, 200 élèves de l'école primaire au lycée suivent le voyage Avenir climat et le Journal de Saône-et-Loire publie régulièrement mon carnet de route dans son édition du dimanche. Quelques médias publics majeurs comme France Inter, France 3 Bourgogne ou France Bleu Bourgogne suivent également le voyage. Les collectivités locales de Bourgogne et le ministère de la Jeunesse et des Sports, ainsi que des donateurs, supportent financièrement ce projet bénévole. Le site http://avenirclimat.info est le média qui me permet de coordonner tout ce travail.

Aujourd'hui, où en êtes-vous ?

Le voyage était prévu comme une boucle sans avion en Europe et en Asie durant un an et demi. Le projet évolue au gré des rencontres. Je suis parti 7 mois de février à août 2008 en Europe et au Moyen-Orient, accompagné durant 3 mois par Purvi MAKWANA, une activiste indienne originaire de Bombay, dans le but d'échanger nos points de vue entre habitants du Nord et du Sud. Elle fut étonnée de voir autant d'activistes en Europe, et ne comprend pas qu'ils ne soient pas plus professionnels.

En décembre 2008 j'ai voyagé en Pologne pour participer à la réunion de l'ONU sur le climat, la COP14 de Poznan, et visiter la forêt de Bialowieza, la plus ancienne d'Europe.

De mars 2009 à maintenant, j'ai longé le Danube jusqu'à la mer noire et je participe à un groupe d'activistes mobilisés jusqu'en août en Europe pour mener des actions et faire du lobbying : réunion de l'ONU en Allemagne, G8 en Italie, Présidence suédoise de l'UE, Forum des Economies Majeures en France...

Depuis mon départ en voyage, j'ai effectué plus de 30 000 km et réalisé plus de 115 sujets en 330 jours. Plus de 1 000 personnes reçoivent ma lettre d’info et plus de 20 000 personnes ont visité mon site depuis février 2008.

Le voyage évolue, le projet change de forme. J'ai abandonné le salariat et un domicile fixe pour essayer de trouver plus de liberté.

Billet original sur Un voyage A travers l’Europe et l'Asie sur le theme du changement climatique

18/06/09

Présentation du programme Adopt a negotiator

Voici un message de présentation envoyé à La revue durable. Peut-être seront ils intéressé pour présenter cette initiative dans leur numéro de septembre sur les négociations de la COP15 ou sur leur site http://www.leclimatentrenosmains.org ?

Florent et moi sommes des trackers. Du 1er au 12 juin à Bonn, nous avons pisté les délégués français lors de la réunion de négociations de la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques et mis en ligne régulièrement les informations recueillis sur le blog http://adoptanegotiator.org/

Le programme « Adopt a negotiator » a démarré en juin pour suivre une dizaine de pays clés durant les négociations jusqu’en décembre pour la COP15 à Copenhague au Danemark. Les pays tracké sont la France, l’Allemagne, l’Italie, la Grande Bretagne, la Suède pour l’Union Européenne, l’Inde pour le Sud, plus les Etats-Unis, le Canada, le Japon et l’Australie.

Cette opération est lancé par le collectif d’associations Global Campaign for Climate Action qui organise la campagne TCK TCK TCK : « Climate change is putting life on earth in peril. There is still time to build a greener, safer world. But the clock is ticking. In December world leaders will meet in Copenhagen to decide our destiny. If enough people from around the world show support, our leaders will have the courage to act.” (http://tcktcktck.org). Le Climate Action Network reste le leader naturel pour tout le travail de lobbying sur les dossiers techniques.

Notre but est d’informer, sensibiliser et mobiliser les citoyens aux enjeux de la COP15. L’humanité est à un tournant de son histoire. Le GIEC, prix Nobel de la paix en 2007, tire une fois de plus la sonnette d’alarme. Il nous reste moins de 10 ans pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre si nous voulons éviter de dépasser les fatidiques +2°C de hausse des températures moyennes globales sur la Terre à la fin du siècle. Les états doivent arriver à un accord à Copenhague en décembre pour garantir la survie de tous, et en priorité celle des pays du Sud, déjà touché. Il faut une justice climatique maintenant !

Avec le programme « adopt a negotiator », démarré en Juin à Bonn et continuant jusqu’en décembre à Copenhague, nous voulons mettre la pression sur les gouvernements et les négociateurs pour arriver à un accord ambitieux. Nous voulons aussi expliquer aux citoyens les enjeux et le fonctionnement de ces négociations dont dépend notre futur.

A Bonn, nous avons suivis les négociateurs dans les séances plénières, ateliers et couloirs. Nous avons obtenus des entretiens en tête à tête. A chaque fois, nous demandons où en sont les négociations, quel ait l’ambiance dans les ateliers interdit au public, quels sont les marges de manœuvre que les diplomates peuvent utiliser, des précisions sur tel ou tel points des accords. Nous nous faisons l’écho des questions et remarques que les internautes nous font sur notre blog. En tant que trackers, nous participons à une plus grande transparence de ce processus international qui engage l’avenir de l’humanité.

Pour nous suivre :

  • Le blog : http://adoptanegotiator.org/
  • Twitter : https://twitter.com/adoptnegotiator
  • Flickr : http://www.flickr.com/photos/adoptanegotiator/
  • Liste de diffusion : http://avaaz.org/en/adopt_a_negotiator/
  • Facebook : http://www.facebook.com/pages/Adopt-a-Negotiator/102434345632
  • Présentation de Florent : http://adoptanegotiator.org/the-trackers/florent-baarsh-france/
  • Présentation de Benka : http://adoptanegotiator.org/the-trackers/benoit-kubiak-france/

Billet original sur Un voyage A travers l’Europe et l'Asie sur le theme du changement climatique

26/04/09

Voyage au milieu du delta du Danube

Je suis parti depuis plus d'un mois pour mon deuxième voyage Avenir climat. J'ai suivi le chemin naturel du Danube qui s'écoule vers l'est sur plus de 2 800 km depuis l'Allemagne jusqu'en Roumanie. Avant de se jeter dans la mer noire, le Danube se répand dans un delta, le deuxième plus grand d'Europe.

Petre Vassiliv a toujours habité à Crisan, un village posé sur une langue de terre au milieu du delta. Je le rejoins après 3 heures de bateau car il n'y a pas de route ici. Une fois mon sac déposé chez lui, nous partons sur sa barque explorer les innombrables canaux des alentours. Nous sommes à mi-chemin entre l'équateur et le pôle Nord, autant dire un carrefour incontournable pour les oiseaux. Les plus remarquables sont sans doute les groupes de pélicans qui nous survolent. Entre roseaux et saules, je découvre peu à peu la richesse naturelle de la région.

Pourtant, tout ne va pas pour le mieux dans ce paradis. La zone est inscrite au patrimoine mondial de l'humanité par l'UNESCO mais les habitants doivent se débrouiller eux-mêmes pour la gestion des déchets. En attendant la collecte promise par l'administration, chacun brûle sa poubelle sur le peu de terre émergé entre la maison et le Danube. La plus grande roselière au monde est un filtre naturel très efficace pour dépolluer, mais son action est limitée face aux détergents ou aux polluants industriels venants de l'amont, me dit tristement Petre.

Il se sent démuni face aux risques d'inondations et de hausse du niveau de la mer à cause du changement climatique. Il vit au milieu de l'eau et ne peut monter la digue de protection des crues indéfiniment. Il espère que chacun apprenne à vivre en harmonie avec la nature et la respecte pour la léguer aussi intact que possible à nos enfants.

Billet original sur Un voyage A travers l’Europe et l'Asie sur le theme du changement climatique

Carnet de route : 10 jours de voyage au milieu du delta de danube

Je démarre la deuxième année de mon projet Avenir Climat (http://avenirclimat.info). Depuis un mois je suis repartis sur la route pour témoigner du changement climatique et des initiatives locales pour la protection de l’environnement. Mon voyage de l’an dernier m’avait déjà emmené plusieurs fois au bord du Danube et de la mer Noire sans que je puisse m’y attarder. Cette année, je décide de suivre le voie naturelle de ce fleuve de 2800 km de long qui m’emmène vers l’est , du cœur de l’Europe aux portes de l’Asie.

Vous pouvez lire mon carnet de route ci-dessous ou télécharger le fichier PDF avec les images. Je viens d'arriver à Tulcéa et j'ai finaliser l'article sur le bateau il y a quelques minutes. Je n'ai pas encore tout relus mais je voulais vous faire partager ce moment ! Photos et vidéos sont à venir.

1 Première étape à Tulcea, aux portes du delta.

J’ai décidé de me déplacer sans avion pour limiter mes émissions de gaz à effet de serre. J’utilise les transports locaux comme les habitants des pays que je traverse et cela facilite les rencontres. J’emprunte un maxitaxis pour aller de la capitale roumaine à la capitale du delta, de Bucarest à Tulcea . Ces minibus privé sont le meilleur moyen pour se déplacer dans un pays qui a du mal à moderniser son réseau de transport public.

Je rencontre Aurora dans le maxitaxis, ma charmante voisine est francophone. Nous discutons un peu de mon voyage mais elle n’est pas vraiment intéressé. A 19 ans elle a gagné un concours de chant dans l’une des nombreuses émissions de variété de la télévision et rentre chez elle. Elle loge dans un appartement avec sa grand-mère et rêve de quitter la région. Le delta du Danube est joli pour le week-end, mais le développement de la région ne lui offre que peu d’avenir. Elle souhaite finir ses études de musique et pourquoi pas partir en Italie pour enseigner.

Tulcéa est la dernière agglomération reliée au réseau routier et au chemin de fer, c’est la porte d’entrée pour explorer le delta du Danube. Pour les 15 000 habitants du delta (3 habitants par kilomètre carré, le plus faible densité de population du pays), c’est le point de départ des bateaux qui sont l’unique moyen de rejoindre leur village.

Je rencontre Mme Lilian qui travaille pour la protection du delta. Elle me présente les différents programmes : RAMSAR pour les zones humides et Homme et Biodiversité de l’UNESCO. Jamais deux sans trois, le delta est aussi reconnue comme patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO.

Une dizaine de minorités sont présents, notamment 1 500 lipovènes ou « vieux croyants » qui ont fui les réformes de Pierre le grand pour vivre leur religion. Ils sont reconnaissable à leur grande barbe et leur maison peintes en bleu. Traditionnellement pécheur, ils sont reconnus comme le peuple du fleuve par les roumaines.

Faunes et flores sont remarquables pour le deuxième delta d’Europe qui héberge par exemple des esturgeons et des colonies de pélicans. La roselière est la plus étendue au monde et sert de filtre. Les eaux du Danube polluées en amont par l’industrie, l’agriculture ou les assainissements défaillants sont épurées en partie avant de rejoindre la mer noire.

L’administration essaye d’ouvrir des brèches dans les digues construites à l’époque communiste pour assécher des zones destinées à l’agriculture. Le but est ralentir le trajet de l’eau pour maintenir les zones humides et stabiliser les alluvions : la côte avance de 3 mètres par an du fait des alluvions charrié par le fleuve.

2 Première découverte du Danube et de ses habitants à Crisan.

Je prends le bateau lent qui utilise le principal bras du Danube, celui qui est canalisé et permet aux cargos de passer de la mer noire au fleuve et de rejoindre les villes en amont. Touristes étrangers et roumains se joignent aux locaux chargé de colis. Le bateau sert à transporter 5 jours par semaine l’argent de la banque et le courrier. Les habitants du delta viennent acheter aussi les produits qu’ils ne peuvent produire sur leur terrain : je vois passer des cagettes de tomates, des sacs de pommes de terres et de pain, des casiers de bouteilles d’huiles et de bières. Des meubles et certains matériaux de constructions sont aussi du voyage.

Nous parcourons une cinquantaine de kilomètre en 3 heures. L’eau devient l’élément naturel dominant. Les cormorans s’envolent à notre passage, des vaches broutent une herbe rare sur des bandes de terres entourées d’eau. Je débarque à Crisan situé au milieu du delta. Lorsque le Danube c’est formé, c’était là que s’arrêtait la terre ferme. Le village de pécheur c’est développé au XIX° siècle lorsque les travaux d’endiguement du Danube ont démarré avec la compagnie européenne (français, anglais, roumains, grecs…). Les ouvriers sont restés et le premier baraquement servant au chantier est devenu l’église du village.

Près de 600 personnes vivent désormais dans le village, le long de l’unique rue sur un ilot de 7km de long. Petre est né ici. Je suis étonné du prix des pensions, de 25 à 100% plus cher qu’à Bucarest, peut-être est-ce du à une taxe pour l’écotourisme ou au contrainte environnementale de la réserve ? Il m’explique que le peu de terre disponible sont vendus 100€ le mètre carré, le prix de terrain le plus cher en Roumanie en milieu rural.

Quand à la protection de l’environnement, il me dit qu’il n’a jamais vu quel travaux l’administration faisait dans le delta. Les habitants brûlent leur déchets derrière la maison. L’administration doit organiser un lieu de stockage et collecter les déchets par bateau, mais ce qui est difficile à faire dans le reste du pays n’est pas plus simple ici. Les eaux usées sont rejetés dans le fleuve, l’assainissement individuel est théorique quand les maisons sont sur une butte à 1m environs au-dessus du fleuve. Pour lui, la pollution est nouvelle, il n’y avait que du verre a récupérer quand il était enfant, et les détergents n’existaient pas.

Il ne connaît pas les effets du changement climatique, mais il y a 3 ans sa maison a été menacé par une crue durant 2 semaines, il était près à fuir avec sa famille. Quand je lui explique que la hausse du niveau de la mer pourrait atteindre 1 mètres à la fin du siècle, il devient inquiet. Les digues peuvent être rehaussé pendant un temps mais ne suffiront pas.

3 Sulina, quand le Danube rejoint enfin la mer Noire

Je continue mon voyage en direction de Sulina. C’est ici que le Danube se jette dans la mer noire et la ville concentre un tiers des habitants du delta car elle sert à la fois de port fluvial et maritime. Je pose à peine le pied dans le bateau qu’un groupe m’invite à m’asseoir vers eux et me sert d’autorité un verre de palinka. Impossible de refuser, et je m’étonne après coup que la bouteille d’eau en plastique qui sert de contenant n’est pas déjà fondu tellement le degré d’alcool doit être élevé.

Vlad vient passer les vacances avec ses parents et un groupe d’amis. Il m’invite à passer la pâque orthodoxe avec eux dans une pension isolée de la petite ville mais à quelques mètres de la plage. Il est peu intéressé par l’écologie, Sulina est pour lui avant tout un lieu retiré à la campagne propice au tourisme. Les pensions fleurissent, certaines bénéficiant d’aides européennes pour s’équiper de chauffe-eaux solaire.

Nous partons pour l’église à minuit. L’église est pleine et les murs sont recouverts de représentations des saints, des icones sont exposés et les croyants viennent les embrassés. Le prête termine une prière et amène un cierge, la lumière de la résurrection. Chacun vient allumer sa bougie et sort en possession. La cérémonie continue dehors. Nous rentrons prendre le repas traditionnel, œufs, gâteaux, choux farcis… A partir d’aujourd’hui, les gens se saluent en échangeant la formule « le christ est revenu », à quoi il faut répondre « oui je crois ».

Je vais faire des photos dans le quartier qui regroupes de petites fermes. Je croise une femme aux mains tailladées et noires. Elle me demande de l’argent, presque en pleure et en se serrant le ventre en dessinant le chiffres 22 dans la poussière. J’ai l’impression que la petite épicerie à côté a refusé de la servir pour une dette de 22 lei (5€). Elle se baisse et me prend la main pour la baiser. Je la quitte aussi gêné qu’elle, c’est la première fois qu’une personne me demande de l’argent dans ce pays.

J’observe l’ancien phare situé dorénavant au milieu du village, une preuve supplémentaire de l’avancé de la terre sur la mer. Le fleuve modèle le paysage et les hommes s’y sont adaptés jusqu’à maintenant même si la vie est rude pour ceux qui ne bénéficient par de l’essor du tourisme.

4 Une richesse naturelle à préserver.

Je retourne voir Petre pour observer les oiseaux dans les lacs et roselières qui entoure sa maison. Nous partons dans sa barque en bois qui lui servait pour pécher, son ancien métier. Il est maintenant guide et construit une pension, le tourisme est plus rentable pour faire vivre sa famille maintenant qu’il est marié et père depuis l’an dernier. Il adore partager ses connaissances et m’explique que ce nouveau métier, au contact de personne étrangère découvrant la richesse naturelle autour de son village natal, lui a donné conscience de la fragilité de l’écosystème. Il souhaite le préserver et espère que sa fille pourra bénéficier de ce patrimoine naturel autant que lui.

5 Une forêt au milieu de l’eau

Je rallie en 2h de barque Letea, un village qui semble échapper à la modernité. Il n’y a que des fermes ici, un bâtiment en dur perpendiculaire à la rue, avec 2 ou 3 pièces. Une dépendance abrite les outils ou la presse car il y a quelques pieds de vigne au milieu du jardin. L’étable est construite entièrement en jonc et héberge quelques vaches.

Le bout de la rue du village donne directement dans une forêt protégée posé sur des dunes millénaires. Des chênes séculaires sont dispersés ici au milieu d’ormes et d’autres arbres que je ne reconnais pas. J’aperçois lièvres, chevreuils, faisans, vipères et chevaux sauvages.

Déjà une semaine que je suis dans le delta. Je vais de Letea au village voisin, Rosetti. La mairie me prête sa connexion internet pour envoyer mon article au Journal de Saône-et-Loire qui publie tous les dimanches mon carnet de route.

6 Arrivée à la frontière de l’Europe

Au-delà de la forêt de Letea, je rejoins Periprava en 4x4 à travers des chemins ressemblant à des tas de sable. Ce petit village est situé sur le bras Nord du delta, à la frontière avec l’Ukraine. C’est le dernier village roumains desservis 3 fois par semaine par un bateau avec Tulcea. Je dois donc attendre2 jours et j’en profite pour visiter des terrains mis en culture à l’époque communiste. Les terrains ont été entouré de digue puis asséchés. Les installations sont à l’abandon maintenant et je ne vois que des troupeaux de vaches et de chevaux.

Dimanche matin, réveil à 4h30. L’embarquement se fait à 300 mètres au bout du village, et la femme qui m’héberge a fait du zèle. Tant pis, c’est ma dernière journée dans le delta, autant en profiter, en commençant par un lever de soleil sur le Danube, joli mais glacial. Les toilettes sont au fond du jardin, et je préfère attendre celles du bateau. La douche tient dans un angle de la cuisine, à côté de la gazinière et du baquet de poisson qui sera au menu de midi. Mais au moins l’eau est chaude !

Il me reste à faire une croisière de 110 km sur l’un des bras les mieux conservé du delta du Danube. Je vais attendre un peu pour prendre mes photos. Hier, la police des frontière installé dans le village m’a demandé mes papiers après une tentative de prises des vues des barques sur fond de Danube, et de l’Ukraine juste derrière ! Il est vrai que nous sommes ici à la frontière de l’Europe quand même.

Je quitte le Delta en me demandant ce que feront ses habitants quand les inondations deviendront de plus en plus fréquentes. J’ai vu peu d’initiative en faveur de l’environnement, mais les habitants ont peu de responsabilités par rapport aux politiques de grands travaux menées avant eux et à la société de consommation qui leur procure ses déchets sous formes d’emballages, de produits chimiques et des tonnes de gaz à effets de serres dilué dans l’atmosphère. Voyage Avenir climat. http://avenirclimat.info. ben@avenirclimat.info

Billet original sur Un voyage A travers l’Europe et l'Asie sur le theme du changement climatique

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