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14/11/09

Des nouvelles fraîches de Norvège

Bonjour à tous,

Voici une très longue lettre : je ne vous ai pas écrits depuis des mois et pourtant il c’est passé bien des choses. Par où commencer ?

Avant de démarrer, je cherche des contacts pour une rencontre ou de l’hébergement :

  • dans le nord de la Norvège : iles Lofoten (plutôt au sud), Bodö et Narvik à partir de mardi 17/11,
  • à Stockholm, pour le WE du 21 et 22/11 et sans doute quelques jours de plus,
  • et surtout à Copenhague, à partir de la semaine du 23/11 et pour un mois, si possible dans le centre-ville, pour le sommet de l’ONU sur le climat.

Cette annonce faite, reprenons.

Par la fenêtre en face de moi je vois la mer au bout d’un pré, entouré par des montagnes de 1 000m et tombant à pic dans ce fjord de Romsdalsfjorden. Je suis en Norvège, dans le village de Torvik, hébergé pour le moment par un couple franco-norvégien qui a repris la ferme familiale pour faire de l’élevage ovin – en bio. L’hiver est attendu comme un visiteur et doit arriver aujourd’hui ou demain : lorsque la terre sera gelé, il ne sera plus possible de la travailler jusqu’à l’année prochaine. Les journées sont courtes et la ligne de crêtes joue des épaules pour nous cacher ce soleil qui peine de plus en plus à monter au-dessus de la ligne d’horizon.

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Ma dernière lettre est ancienne et je ne sais pas si je vous avais parlé de ce projet scandinave. Il faut dire que les évènements se sont succédés rapidement et que l’automne a fuit plus qu’il n’ai passé. Après ma participation au camp action climat cet été, j’ai choisi de continuer avec ce milieu militant et de tourner définitivement cette mauvaise page d’AVAAZ.

Septembre, Paris. Brève rencontre avec l’équipe nationale de l’association attac autour de Geneviève AZAM, une universitaire qui est l’actuelle experte du réseau français Urgence Climatique, Justice Sociale, voir l'appel ici. Entretien avec Yvan (auteur de l’enquête Orange stressé) et d’Agnès, du site d’information http://www.bastamag.net/. Un de mes articles va être dans leur dossier spécial climat.

Septembre, Hamburg. Création du groupe de travail pour la manifestation ‘Reclaim Power !’ du réseau international Climate Justice Action, voir l'appel ici. Lors du quinzième sommet sur le climat à Copenhague de la Convention Cadre des Nations-Unies pour les changements climatiques (COP15), nous voulons imposer le 16 décembre un agenda alternatif pour une justice climatique.

Octobre, Minerve. Participation au camp Reclaim the Fields (300 personnes, 20 nationalités) organisé par un réseau européen de jeunes paysans proche de La via campesina, et action contre la SAFER de Languedoc-Roussillon pour réclamer une meilleure distribution des terres pour les jeunes et/ou petits paysans. Pour la première fois, je vais peut-être vendre des photos. Le magazine Campagnes Solidaires de la confédération paysanne m'en a demandé quelques une ! Voir les reportages

Octobre, Montpellier. Atelier Act Now ! des Jeunes Amis de la Terre Europe (40 personnes, 9 pays) pour préparer le sommet de l’ONU sur le climat à Copenhague et échanger sur le thème de la justice climatique : arrêt des fausses solutions comme le marché carbone, la séquestration de CO2 ou les agrocarburants, et mise en place de fonds d’adaptation pour les pays du Sud avec des réduction d’émissions domestique par les pays du Nord. Voir les reportages

Le suicide de mon cousin, céréalier vers Dijon, a été un moment difficile à passer pour notre famille. Tous mes reportages ont été mis en attente.

Je suis ensuite partie en Scandinavie avec deux objectifs :

  • Rejoindre le cap Nord ou au moins passer le cercle polaire. Ce n’est pas la meilleure saison pour le tourisme, mais justement. Et j’ai envie de voir comment est l’hiver arctique.
  • Participer à la COP15 de l’intérieur et de l’extérieur avec les réseaux que je connais depuis le début de l’année.

Voici déjà un résumé de ce début d’automne. Je vous ferais la suite ce soir ou demain (photos de scandinavie, reportage en Suède, Danemark et Norvège), je dois maintenant partir en ville de l’autre côté du fjord voir des pulls tricotés à la main avec la laine locale pendant que le bébé de 6 mois de mes hôtes fera sa visite de contrôle chez le médecin. Nous finirons de planter des piquets pour la clôture des moutons ensuite.

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Je suis de retour d’Aandalsnes, la ville voisine et terminus du chemin de fer. Elle est située quasiment en face de là où j’habite mais il faut contourner le Fjord en voiture pour y arriver, soit près de 20km de route verglacé, même le bout du Fjord, un bout de mer peu profond, commence à geler. Pendant que mon hôte faisait ses courses, j’ai visité le magasin de l’usine de laine locale. Je suis reparti avec un bon gros pull de laine feutré qui réchauffera sans doute autant ma mère que moi quand je partirai au-delà du cercle polaire dans quelques jours…

Je reprends donc mon récit pour vous expliquer comment je suis arrivé ici. J’étais en mai en Bulgarie, prêt à retourner à Istanbul et continuer mon voyage en Asie. L’un des buts de mon voyage Avenir climat est de comparer la façon dont asiatiques et européens luttent contre le changement climatique. J’ai fais demi-tour car je ne me sentais pas prêt et que la situation au Pakistan semblait peu sûr, peu avant que les manifestations éclatent (et soit cruellement réprimées) à Téhéran.

J’ai choisis il y a six mois de rejoindre un groupe de jeunes militants pour mener une campagne avant la COP15, afin de participer à cet effort mondial pour obtenir un accord historique contre la crise climatique (l’espoir fait vivre n’est-ce pas ?). Je suis resté dans ce mouvement depuis, pour exprimer ma responsabilité dans la lutte tout en continuant d’effectuer des reportages à l’intérieur de ce nouveau mouvement pour faire connaitre sa diversité.

Pour ceux qui ont bien suivis, le départ d’octobre fut le quatrième du projet Avenir climat :

  • Départ 1, février 2008, pour un tour d’Europe et d’Asie. Passage en Europe méditerranéenne et au Moyen-Orient, puis retour en France en août à cause des difficultés pour obtenir des visas pour Purvi, ma collègue indienne.
  • Départ 2, décembre 2008, en Pologne pour la COP14 et un reportage dans l’ancienne forêt de Bialowieza.
  • Départ 3, mars 2009, pour rejoindre l’Asie en suivant le Danube. Demi-tour en Bulgarie comme expliqué précédemment et retour en France en août pour participer au premier camp action climat.
  • Départ 4, octobre 2009, pour la Scandinavie en hiver, afin de participer à la COP15 et de visiter cette Europe du nord qui n’était pas prévus au départ.
  • Départ 5, prévus en janvier 2010, pour l’Asie. On y croit, on y croit ! Je ne sais pas si la frontière irano-pakistanaise sera sûr pour passer en bus, je ferai peut-être le survol en avion Paris-Bombay. Une sérieuse entorse à l’un des principes de mon voyage, donc je réfléchis encore. La compensation carbone n’étant pas une vraie solution, je vais voir si je peux compenser en adoptant un régime végétarien… Voir les cartes du voyages ici

Cette longue introduction faite, laissez-moi enfin vous raconter ce que j’ai fais depuis ce quatrième départ !

Je suis parti en TGV pour Paris puis j’ai pris un bus pour rejoindre une amie à Brême en Allemagne. C’est, je crois, la dernière fois que je verrai le soleil avant 2 semaines. J’ai ensuite pris le train pour Malmö en changeant à Copenhague. Mon train à pris un ferry au Danemark, c’est impressionnant et encore un mode de transport différent pour moi ! A voir ici http://avenirclimat.info/index.php?post/Photo-du-jour-:-en-train-pour-Malmö

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23 au 25 octobre, Malmö, Suède. Réunion de préparation du sommet de l’ONU sur le climat par le forum européen de la jeunesse (80 personnes, 30 nationalités). J’ai rencontré des personnes intéressantes (Voir la vidéo avec des représentantes des Sami et du Nigéria, tout en anglais, ici) mais la majeure partie ne sont que des habitués des conférences internationales et n’ont aucune idée des enjeux. Reportage également à l’occasion de la journée d’action « 350 » pour réclamer une concentration de 350ppm de CO2 dans l’atmosphère à la fin du siècle. A voir ici

Fin octobre, Copenhague, Danemark. Prise de contact avec les militants locaux de Klima collective, qui assurent entre autres l’organisation logistique du réseau international Climate Justice Action, et du Klima Forum. Visite (en vélo ou sous la pluie froide) de différents lieux qui serviront de centres de convergence, de contre-forum et du centre de conférence de la COP15, le bien nommé Bella Center. (Voir des photos de la ville par ici)

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Je choisis de prendre le ferry pour rejoindre Oslo depuis Copenhague, c’est plus cher et polluant que le bus, mais j’ai envie de voir l’arrivée dans le fjord d’Oslo. J’ai bien fais car je me réveille le 29 novembre au milieu de ce fjord, le bateau immense longeant des forêts aux chaudes couleurs automnale et sous un magnifique soleil dans un ciel bleu parfait. Avant de rejoindre mon hôte, je parcours la vielle ville et le port de plaisance pour prendre les seuls photos ensoleillé de mon séjour dans la capitale norvégienne. Voir les photos ici

Novembre, Oslo, Norvège. Interview à Aas d’Anne Chapuis, une étudiante en glaciologie, sur la fonte des glaces dans l’arctique (Vidéo ici). Reportages autour de Fagernes sur les paysans et le changement climatique avec le groupe européen de Project Survival Media, publication à venir. J’ai notamment rencontré Ole-Jacob Christensen, un éleveur bio mettant en pratique ses principes de décroissance et syndicaliste paysan, spécialiste du climat. Il représente son organisation Smabrukarlaget, l’équivalent de la confédération paysanne, à l’organisation internationale Via Campesina. C’est aussi un francophone

Je vous laisse, David et moi allons planter des piquets de clôture si le sol n’est pas encore gelé. Avec le vent qu’il fait et une température proche de zéro, il faut s’habiller comme au pôle Nord ! A la prochaine !

Une dernière chose à noter dans vos agendas, plus d'information à venir :

  • Vendredi 8 janvier 2010, en soirée : inauguration d'une exposition de mes photographies à l'hôtel de ville d'Autun, pour présenter mon voyage 2008 + conférence avec la communauté de communes sur le résultat des négociations de l'ONU à Copenhague.
  • Samedi 9 janvier 2010, en soirée à la salle des fêtes d'Auxy : repas de soutien pour mon voyage Avenir climat, avec diaporama entre les plats et concert de Boucherie trad en final.

Bonne journée à vous !

Billet original sur Un voyage A travers l’Europe et l'Asie sur le theme du changement climatique

18/10/09

Sensibiliser le grand public

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Billet original sur Un voyage A travers l’Europe et l'Asie sur le theme du changement climatique

Que faire au-delà des écogestes pour lutter contre le changement climatique ?

J'ai animé un café-débat hier soir à Autun au café des Tilleuls dans le cadre de la Journée de l'environnement avec le Conseil Local Jeunes. Peut de monde quand même à part les organisateur de la journée. La communication sur mon blog et sur Facebook a pas été suffisante, ni les articles passé dans les 2 journaux locaux, ni la centaine de tract diffusé par le CLJ dans la journée. C'est énervant à la fin, il faut faire une invitation individuel à chacun ?

Enfin bon, comme annoncé, je mets la présentation en téléchargement (PDF, 1,6 Mo). Prochain débat en janvier à la mairie d'Autun sur le retour de Copenhague et des négociations.

Billet original sur Un voyage A travers l’Europe et l'Asie sur le theme du changement climatique

16/10/09

Café-débats à Autun samedi 17 octobre à 18h

cafe des tilleulsJe serai demain après-midi à Autun pour un café-débats organisé avec le Conseil Local Jeune d'Autun et la café des tilleuls (centre-ville d'Autun). Le thème : "que pouvons nous faire au-delà des écogestes pour lutter contre le changement climatique ?".

Si vous êtes sur Facebook, rendez-vous aussi sur la page de l'évènement..

La gazette du Morvan annonce le café-débats dans le cadre de la journée de l'environnement.

gazette 161009

Billet original sur Un voyage A travers l’Europe et l'Asie sur le theme du changement climatique

27/09/09

Pour une révolution climatique

Fin juin, j'ai envoyé un texte à la CAPEN, la confédération des associations de protection de l'environnement et de la nature en Saône-et-Loire, affilié à France Nature Environnement. Il a été utilisé comme édito pour son numéro de cet été.

Le climat change et il est urgent d’agir. La phrase est devenue banale, et pourtant rien ne change, ou si peu. Les mises en garde continuent, le problèmes ne sont toujours pas réglés, et le temps va nous manquer.

Le GIEC, ce groupement scientifiques étudiant le climat et prix Nobel de la Paix en 2007, tire une fois de plus la sonnette d’alarme. Il nous reste moins de 10 ans pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre si nous voulons éviter de dépasser les fatidiques +2° de hausse des températures moyennes globales sur la Terre en 2100 par rapport à 1990, l’année de référence. Le GIEC va plus loin et estime que les réductions doivent être de –25 à -40% en 2020 et de -80 à -95% en 2050. Au-delà de +2°C, un point de non retour est atteint et les modèles scientifiques sont impuissants.

edito capen été2009 Les états ont la responsabilité d’agir. Au sein de l’ONU, ils ont adopté la Convention-cadre des Nations-Unies sur le changement climatique à RIO en 1992, puis élaboré le protocole de KYOTO, ratifié en 1998 et entré en vigueur en 2005. Ce protocole liste une série de pays industrialisés qui doivent diminuer leurs émissions de gaz à effet de serre, avec des engagement chiffrés et avant 2012. L’Europe, dont la France, devraient remplir ses engagements tout comme les autres pays. La crise financière aidant, les seuils sont si faibles ( -8% pour l’UE), qu’il n’y a pas de gloire à tirer de ces résultats, d’autant qu’une partie des réductions se sont faites par des mesures comptables avec l’aide du marché carbone.

Il faut résoudre la crise climatique pour garantir la survie de nos enfants. Selon le Forum humanitaire mondial présidé par l’ex-secrétaire général Kofi ANNAN, le réchauffement climatique serait responsable de 300 000 morts par an. Pour l’ONU, 1cm de hausse du niveau de la mer équivaut à 1 millions de réfugiés climatiques. Le rapport STERN estime le coût du changement climatique à 5500 milliards d’euros.. si rien n’est fait.

Cette année en décembre à COPENHAGUE ( Danemark), les états doivent se retrouver pour finaliser l’un des textes le plus important pour l’histoire de l’humanité, faisant suite au protocole de Kyoto. Pourtant, Yvo de BOER, directeur de la convention-cadre reste sans voix quand le Japon annonce un objectif de -8% et estime « physiquement impossible » un accord en 2009 car les Etats-Unis ou le Canada traînent les pieds pour annoncer un seuil de réduction et que l’UE ne fait plus office de leader depuis que son Conseil des ministres des finances de juin a refusé de s’engager pour une aide financière qui permettrait aux pays du Sud de survivre aux impacts du changement climatique.

Que faire alors ?

Je suis parti en voyage en février 2008 pour rencontrer les témoins du climats avec le projet Avenir Climat. En Slovénie, j’ai rencontré Mme BOGATAJ, co-présidente du GIEC, spécialisée en agriculture. Elle se dit désabusée des politiques et pessimiste pour le futur. Elle espère en un « nouveau siècle des lumières » qui révolutionne notre système de pensée. Lors des négociations de l’ONU en Allemagne et en Pologne, j’ai rencontré des négociateurs français qui réclament une pression constante des associations et en espèrent un engagement plus substantiel des politiques.

En Allemagne, j’ai participé à un « camp climat ». Réunissant des activistes, syndicats, partis et associations, ces coordinations allient actions directes et débats. Inexistants il y a 3 ans, il devrait y en avoir une quinzaine cet été en Europe dont un vers Nantes du 3 au 9 août. En résumé, les débats et actions en Allemagne visaient à abattre le système capitaliste dont l’idéologie de production et consommation illimitées a conduit à rejeter dans l’atmosphère des tonnes de carbone, et dont la violence lui a permis de se protéger contre la contestation et de refuser le partage des richesses.

Les écologistes, au plan politique et associatif, préparent et proposent des alternatives depuis des décennies. Il faut maintenant dépasser les messages et actions individuels, dont nous ne pouvons plus nous permettre le luxe. Les actions doivent être massives, rapides, tant que nous avons encore la possibilité de faire des choix. Il faut être sans aucune complaisance avec ceux qui ont le pouvoir d’agir et ne le font pas : il ne s’agit plus de confort mais de survie ; La révolution écologique doit avoir lieu maintenant, tant que nous pouvons faire des choix démocratiques, dans une paix relative.

Benoit KUBIAK – voyageur du climat – membre du bureau d’AUTUN MORVAN ECOLOGIE
Vous pouvez soutenir ce combat en suivant le voyage de Benoît sur http://avenirclimat.info et en vous abonnant à sa lettre benkamorvan@gmail.com ou encore en faisant un don à l’association Avenir Climat c/o M.KUBIAK Le Bourg 71400 AUXY

Billet original sur Un voyage A travers l’Europe et l'Asie sur le theme du changement climatique

18/08/09

Article dans No PASARAN n°75, été 2009

J'ai un article de 2 pages qui a été publié dans le magazine NO PASARAN, dans le dossier "Dérèglement climatique". Pour vous abonner au journal de NO PASARAN, c'est par ici. Pour lire le texte que j'avais envoyé, lire ici.

no pasaran 75 couverture avenir climat

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Billet original sur Un voyage A travers l’Europe et l'Asie sur le theme du changement climatique

14/07/09

G8 et AVAAZ

Bonjour,

Je vous écris de retour de Rome, je suis à Berlin. Je viens de passer quelques jours en Italie pour participer au G8 avec l'équipe d'Action Factory à laquelle je participe.

Le G8 2009 en ItalieG8 action

Après la France en 2003 et l'Écosse en 2005, j'ai participé à mon troisième G8. Ce "club" (il n'y a pas d'autre définition officielle) des puissants réunis la France, l'Italie, la Grande-Bretagne, l'Allemagne, la Russie, les États-Unis, le Canada et le Japon.

C'est à ce moment que sont choisit les politiques qu'ils veulent impulser au sein du FMI, de la Banque Mondiale ou des négociations climat au sein de l'ONU. Dans ses dernières déclarations, la réunion préparatoire du G8 sur l'énergie parlaient de liberté de commerce, de garantir la production d'énergies fossiles et nucléaire. Les politiques d'énergies renouvelables, d'efficacité énergétique et d'économies d'énergie sont vus uniquement pour la sécurité des pays du Nord. Rien sur l'aide des pays touchés par le changement climatique ou pour les réfugiés climatique.

Depuis des années, la contestation augmente contre cette réunion qui décide de l'avenir du monde en dehors de toute démocratie. La presse et la société civile sont tenus à l'écart des réunions, et seuls les conférences de presse laisse filtrer le peut d'information que souhaite chaque délégation.

Il y a 8 ans, l'Italie accueillait déjà le G8 à Gênes. Un manifestant avait été tué par la police. L'école Diaz qui abritait le centre des média indépendant avait cerné puis 'nettoyés' de ces ordinateurs et occupants, du sang maculait les murs et le sol. Des dizaines de manifestants avaient été retenus en prison et torturé (interdiction de s'assoir, refus de médicament, arrachage de piercing...) ou humilié (mise à nues des femmes devant les policiers, salut fasciste à faire...).

Cette année, Berlusconi a choisis la zone de l'Aquila pour accueillir le G8. La zone est dévasté par le tremblement de terre. J'ai vu les camps de tentes, les bâtiments en ruines et la présence de l'armée. Les habitants souhaitent reconstruire leur ville mais ont de plus en plus de mal à supporter le couvre feux, les contrôles incessant, la limitation de l'expression (télé arrêté la nuit, interdiction de diffuser des tracts, contrôle des réseaux de téléphonie...), etc. Toute manifestation non autorisé est impossible tant la zone est militarisé (garde civile, toutes les armées, police pénitentiaire, police municipale...). Tous les accès à l'autoroute depuis Rome, à 120 km, sont contrôlés par la police. Des hélicoptères surveillent Rome en permanence. Les accords de Schengen ont été levé et le contrôle aux frontières de l'Italie est à nouveau appliqué. Des arrestations 'préventives' d'activistes ont lieu grâce aux lois anit-terroristes, etc.

Dans ces conditions, et pour la première fois depuis Gênes, aucune coordination des militants n'a été possible, que ce soit du côté des grandes ONG comme attac ou le WWF, ou des activistes plus radicaux comme les anarchistes. Aucun centre de convergence, d'hébergement ou d'information n'a pu être mis en place. Deux espaces occupés à Rome ont servis de point de ralliement pendant 3 jours avant d'être vidés par la police et les personnes présentes arrêtées.

Pendant ce temps à L'aquila, des amis accrédités au sein du G8 expliquaient que les médias disposaient des 3 bars à thèmes, d'un centre de remise en formes, de massages, dans un luxe qu'ils ne connaissaient pas.

Présence d'AVAAZ durant le G8

G8 controle Dans ce cadre, j'ai participé à l'équipe d'Action Factory financé par Avaaz pour demander un accord ambitieux à Copenhague en décembre 2009 dans le cadre des négociations de l'ONU. Je ne suis pas sur de rester dans ce groupe d'Avaaz, je l'avais rejoint à la mi-mai en faisant un virage depuis Sofia en Bulgarie. Nous avons une semaine de discussion en groupe pour faire le point sur la ligne politique d'AVAAZ, sur notre relation de groupe avec AVAAZ et enfin sur notre fonctionnement interne pour tendre faire une organisation plus horizontale.

AVAAZ est une ONG américaine qui n'a aucune ligne politique clair. Depuis 1 mois, je n'arrive pas à avoir de réponse par mail ou en discutant avec ses membres dirigeants. En dehors d'organiser des pétitions par email, je ne sais pas ce qu'elle souhaite faire. Ces messages sont très peu ambitieux (un bon accord à Copenhague, garder le climat frais...) et n'ai appuyé par aucun document de réflexion ou de campagne autre qu'une pétition de temps à autre.

Elle annonce 3 millions de membres alors qu'il n'y a aucun adhérent mais une liste de 3 millions d'adresses emails. Si vous ou vos amis faites parties de ces listes, je vous encourage à vous renseigner sérieusement avant de continuer, et à demander des détails sur l'utilisation de leur financement avant de faire un don (budget annuel annoncé par Ben Wickler, le dirigeant de 28 ans : 5 millions de dollars pour une équipe de 10 permanents).

Si vous avez plus d'info que moi, merci de me les communiquer.

Le travail fait en Italie

L'une des 2 actions d'Action Factory étaient un striptease sur les escaliers de la place d'Espagne à Rome. Vous pouvez voir les photos et les articles dans les médias ici : http://www.flickr.com/photos/europeactionfactory et https://sites.google.com/a/actionfactories.org/eu-actionfactory/Home/media

Je pense que l'impact en dehors des articles dans la presse est quasiment nul. Suite à cette action, puisque je tenais la bannière, la police a contrôlé mon identité durant 2h, dan la rue puis au poste de police. 2 autres personnes ont été contrôlé avec moi. En principe, rien de devrait nous arriver, il nous est juste reproché de ne pas avoir demandé d'autorisation.

Mes photos de la ballade à Rome est aussi en ligne, ainsi que le trajet de Berlin à Rome en passant par Innsbruck car j'ai conduis le van de matériel du groupe. http://www.flickr.com/photos/benkamorvan

Dernier lien : http://radiosterni.qsdf.org/, une webradio avec une émission spécial climat avec Avenir Climat le jeudi 23 juillet à partir de 20h30

Merci à tous de me suivre !

Billet original sur Un voyage A travers l’Europe et l'Asie sur le theme du changement climatique

29/06/09

Le programme d'Avenir climat pour les mois à venir

Paris

Je pars demain pour Paris :

Berlin

Mercredi, départ pour Berlin où je rejoinds à nouveau l'Action Factory, un groupe de militants piloté et financé par une ONG américaine, Avaaz.. J'avoue que j'ai un peu de mal avec cette organisation, mais je me sens obligé de continuer vu que j'ai changé de route en Bulgarie. Je me fixe comme objectif de participer jusqu'à la mi-juillet, après le G8. J'aviserai ensuite.

  • Je me sens mal à l'aise car les "actions" mises en place et financées sont principalement de se faire prendre en photo pour passer dans les médias avec un message. Pour moi c'est de la communication, et je doute de l'impact quand les cibles sont des chefs d'Etat ou de gouvernement. J'espère même que ce n'est pas un article de presse qui décide de la politique !
  • Le deuxième problème est le leadership dans le groupe, piloté par 2-3 personnes. On a une organisation politique pyramidale pré-existante que j'ai rarement vue au préalable ! Le planning est fixé à l'avance et très chargé avec grosso modo une semaine de préparation pour 1 journée d'action en flux continue. Du coup les membres d'Action Factory n'ont quasiment aucun débat politique, militant pour des 'green jobs' sans que ce terme ne soit expliqué ou comprit, et listent notre empereur Sarko 1er comme un "allié" dans la lutte contre le changement climatique !
  • Troisième problème : le manque d'expérience au sein du groupe. Sur la quinzaine de jeunes, très peu de militants ont de l'expérience ou une conscience politique de base. Le groupe est international, avec peu de connaissance du militantisme en Europe. Résultats : demande d'accréditation pour le G8 comme si c'était l'ONU, et des actions locales sans tenir compte des militants locaux (lors du MEF à Paris, ou récemment à Berlin).
  • Pour les points positifs : possibilité d'agir 'tout frais payé', sans se préoccuper de financer hébergement, restauration, transport et matériel pour l'action. Découvrir des jeunes de plusieurs pays avec des cultures différentes. Être impliquer activement dans des évènements européens. Apprendre certains aspects du militantisme que je n'avais pas pratiqué pour le moment (préparation d'action médiatique, cibler des personnes politiques). Découvrir la diversité des accents anglais, américains, néo-zélandais, australiens, ajouté aux mots d'argots, un vrai bordel ! Découvrir les réseaux anglo-saxons, leur campagne +1.5°C et 350 ppm (qui sont audacieux ou utopique, mais pas mauvais)...

Asie

Cet automne et jusqu'à la fin de l'année, a près mon étape Action Factory, je vais reprendre mon trip en direction de l'Asie. L'idée d'Avenir climat est toujours de comparer des initiatives européenne et asiatique de lutte contre le changement climatique. Avec mon objectif de "voyage sans avion", je me trouve un peu mal en ce moment avec l'Iran et dans une moindre mesure le Pakistan qui sont impossible ou difficile à traverser. J'ai 3 options pour rejoindre l'Inde et l'Asie du Sud-est :

  • passer par le Nord avec le Transsibérien dès la fin de l'été de Moscou à Pékin. Je fais mon tour en Asie dans le sens horaire et je termine par l'Inde dans 1 an. Il faut que sa colle avec le projet de documentaire en Inde.
  • passer au Moyen-Orient pour rejoindre l'Inde, mais vous connaissez un bateau qui fait Dubai - Bombay, vous ? ou même Masqat - Bombay ? (à vos atlas !)
  • passer par l'Ukraine puis l'Asie centrale et rejoindre la ville-carrefour et mythique de Kachgar (ou Kashgar, Kashi...) en Chine, puis plein Sud sur le Cachemire indien. Pas simple, et très long.

Copenhague

Reste la grande question du mois de Décembre. Je mettais fixé l'objectif de passer Noël les pieds dans l'eau chaude sur une plage en Thaïlande... C'était en décembre dernier, lorsque j'étais en Pologne et qu'il faisait nuit à 15h. Après avoir bossé 2 semaines à Bonn avec le programme Adopt a Negociator, j'espère rester au sein de leur équipe jusqu'à Copenhague, et qu'ils me payent ma participation à la COP15, ce qui incluent surtout le billet d'avion Asie-Danemark !

Projets

D'ici là, j'ai quelques projets sur le feu :

  • Radio Aligre m'a proposé une chronique hebdo. Il faut que je prépare quelques sujets et que je m'y mette. Avec de la chance, ce sera une source de financement complémentaire pour le voyage si cette radio associative arrive à récolter des subventions. J'aurais du même coup des sons à diffuser sur mon blog ou d'autres radio.
  • J'aimerai bien trouver un groupe de 2-3 technophiles pour monter un site pour suivre les négociations climat (et hop, 3 infinitifs dans une phrase !). L'idée est d'adapter un type de journalisme de lien avec du web 2.0, rassembler un paquet de médias avec des blogs, photos, vidéos, sons, twett, mailing list ... et permettre à l'internaute de réagir sur un site communautaire.
  • J'ai rencontré Sébastien, directeur de la maison de l'environnement de Dijon. Il est intéressé pour co-produire une expo pour début 2011, qui tournerait ensuite en location. L'idée est de parler de changement climatique en utilisant comme accroche un bourguignon parti sac au dos en Europe et Asie (le 'Nicolas Bouvier du climat' qu'il a dit, à peine plus pire que 'le missionnaire du climat'...). On veut présenter la nécessité de lutter collectivement contre le changement climatique, les écogestes étant indispensable mais insuffisant.
  • Karim et Frédérique réfléchissent à une action de soutien pour le voyage, un concert ou un repas d'ici cet hiver, qui permettrait de financer le projet car les subventions publiques qui nous ont lancé sont terminé (il faut que je fasse le bilan d'ailleurs).
  • Je dois écrire des articles pour plusieurs magazines, qui pourrait éventuellement les publier et les payer, une autre façons de faire connaitre Avenir climat et de se financer : Vents du Morvan Terra Eco, l'Age de faire...

Billet original sur Un voyage A travers l’Europe et l'Asie sur le theme du changement climatique

28/06/09

Le point sur le voyage pour gensdumorvan.fr

Le nouveau site http://www.gensdumorvan.fr, un réseau social pour le Morvan, Son but est d'entretenir le lien social en soutenant les efforts de solidarité locale et en facilitant la circulation des informations.

La rubrique Initiative couvre régulièrement mon voyage Avenir climat, et j'ai rédigé un texte pour expliquer mes tours et détours.

logo gensdumorvan

Bonjour aux gens du Morvan ! Voici une explication de mon parcours en zig-zag à travers l'Europe depuis près d'un an et demi.

Le projet Avenir climat a démarré en novembre 2006 et je suis en voyage depuis février 2008, il m'a fallu du temps pour préparer le budget, les objectifs, les partenariats avec les écoles ou les médias...

J'ai fait une très longue pause de septembre 2008 à mars 2009. J'étais rentré en France car ma coéquipière indienne, Purvi MAKWANA, n'avait pas pu obtenir d'autres visas pour continuer la route avec moi; Je me suis ensuite retrouvé à monter une vidéo (offerte en DVD aux donateurs !) et à faire quelques conférences en Bourgogne. L'idée de réaliser un vrai film pour la TV c'est rajouté au projet, et j'ai fait un saut en Pologne en décembre pour me dérouiller les jambes.

En mars 2009 je suis donc retourné sur la route, dans l'idée de rejoindre l'Asie, l'un des objectifs de mon projet étant de comparer les solutions de lutte contre le changement climatique entre le continent européen et asiatique. Mais après avoir longé le Danube jusqu'à la mer noire, j'ai reçu un mail me proposant de rejoindre un groupe de militant en tant que volontaire. J'ai donc remis de 3 mois mon passage en Asie pour ne plus être simplement observateur mais pour participer à des rencontres internationales en Europe comme militant actif.

L'évènement le plus récent était à Bonn en Allemagne. Du 1er au 12 juin j'ai participé à une réunion de travail de l'ONU pour la suite du protocole de Kyoto. Avec une équipe de jeunes représentant 10 pays, nous avons suivis jour apres jour les diplomates, leur demandant de se présenter et de nous expliquer leur travail. Nous avons publié tout cela sur Internet pour montrer les progrès ou les reculs des négociations.

Je me trouve en France depuis le 13 juin, pour acheter un nouvel ordinateur suite au vol dont j'ai été victime en Serbie. Je dois repartir très bientôt à Berlin rejoindre le groupe de militant. Normalement je reste avec eux en Europe jusqu'à fin août, puis je pars en Asie... Je dis normalement, car mon voyage n'est pas linéaire et je vais là où le vent me pousse. Pour l'instant, l'Iran et le Pakistan ne me semblent pas très sûr, peut-être ferais-je le tour par le transsibérien pour rejoindre l'Asie par la Chine... A suivre !

Billet original sur Un voyage A travers l’Europe et l'Asie sur le theme du changement climatique

27/06/09

Interview pour la Semaine de résistance. 4/4

Géronimo de No pasaran m'a demandé une interview pour présenter mon voyage dans une revue qui sera publié à l'occasion de la Semaine de résistance à l'aéroport de Notre Dame des Landes et du 1er Camp Action Climat en France.

Cette quatrième et dernière partie traite de la façons de travailler hors de la riche Europe de l'ouest puis de la solidarité entre les peuples pour la lutte contre le changement climatique.

no airport ndl

  • Latroisième partie traite des liens entre réchauffement climatique et la situation sociale et économique puis sur les impacts différents entre Europe de l'ouest et de l'Est.
  • La deuxième partie présente 3 initiatives recueillis en 2008 au Liban avec une activiste, en Allemagne avec un paysan de Côte d'ivoire et en Slovénie avec une scientifique du GIEC.
  • La première partie de l'interview présente le projet Avenir climat et fait le point après 1 an et demi de voyage.

N'y a t'il pas une certaine "indécence" à aller dans ces pays pour leur parler de la question du réchauffement climatique quand l'Occident continue à les exploiter et à les piller de leurs ressources ?

Non. Je voyage en utilisant les transports en communs locaux et je suis hébergé chez l'habitant ou dans des hôtels bon marché. Ma famille me supporte en France, mais je n'ai tout de même ni voiture, ni maison, ni salaire, contrairement à la majorité des personnes que je rencontre en voyage. Hormis le matériel nécessaire à mes reportages, j'essaye d'avoir un mode de vie d'un niveau comparable à celui des personnes que je côtoie.

Je ne pars pas en donneur de leçon, mais au contraire pour apprendre. Je veux savoir comment le changement climatique est vécu et combattu par des femmes et des hommes que je rencontre personnellement dans les pays que je traverse. Je pense que les personnes qui suivent mon voyage sont curieuses de connaître les initiatives vécues par d'autres, et j’espère que toutes ces expériences contribuent en France à mieux connaître le changement climatique. Peut-être que certains prendront même de nouvelles initiatives pour agir !

J'ai la chance d'avoir un passeport européen, ce qui facilite le passage des frontières. J'ai aussi la chance d'avoir une éducation et une organisation qui me permettent de faire ce voyage. Je pense que je fais partie des quelques chanceux qui bénéficient d'une certaine liberté et que je peux utiliser cette liberté pour faire connaître une communauté informelle internationale qui s'organise pour lutter contre le changement climatique.

Comment voyez-vous la solidarité entre les peuples pour faire émerger une conscience écologique internationale ?

Pfff, je ne sais pas trop. Il faut avoir conscience de faire partie d'un groupe pour éprouver de la solidarité, et ensuite avoir les moyens de concrétiser cette solidarité. Des réseaux existent, d'individus, d'ONG, d'organisations publiques, mais il est difficile d'appréhender la réalité de ces réseaux sans y appartenir. Le plus souvent, les personnes que j'interview sont contentes de s'exprimer et de savoir que leurs expériences vont être présentées à l'extérieur de leur pays, même si certaines bénéficient déjà de bons relais à l'internationale. Lorsque je fais des présentations en France, des personnes viennent me voir pour me dire qu'elles ont appris bien de choses qu'elles ignoraient sur le climat, alors que pour moi le changement climatique doit être un acquis dans notre culture.

Pour qu'une conscience écologique internationale existe, il faut développer l'information et la sensibilisation, il n'y en a jamais assez, et intensifier les échanges au-delà des barrières que sont les cultures, les langues, les frontières et le niveau de développement des peuples . Je pense tout de même que les initiatives comme les camps climats qui naissent un peu partout dans le monde, y compris dans le Sud, ou comme la mobilisation internationale autour de la COP15 de Copenhague pour décembre 2009 sont de bonnes étapes. Les activistes et les organisations du Nord doivent avoir conscience également des besoins de leurs homologues du Sud en terme de moyens financiers, de coordinations et de transport. La solidarité doit se construire.

Billet original sur Un voyage A travers l’Europe et l'Asie sur le theme du changement climatique

25/06/09

Interview pour la Semaine de résistance. 2/4

Géronimo de No pasaran m'a demandé une interview pour présenter mon voyage dans une revue qui sera publié à l'occasion de la Semaine de résistance à l'aéroport de Notre Dame des Landes et du 1er Camp Action Climat en France.

Cette deuxième partie présente 3 initiatives recueillis en 2008 au Liban avec une activiste, en Allemagne avec un paysan de Côte d'ivoire et en Slovénie avec une scientifique du GIEC. La suite sera publié par épisode jusqu'à samedi.

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La première partie de l'interview présentait le projet Avenir climat et faisait le point après 1 an et demi de voyage.

Pouvez-vous nous présenter quelques-unes de vos rencontres ?

1/ L'Arab Climate Alliance

Je n'avais pas prévu d'aller au Moyen-Orient, mais suite à un contact sur Facebook j'ai fait un détour depuis Istanbul pour aller à Beyrouth en avril 2008. J'ai passé plus d'une semaine avec Dalia OBEID, d'IndyACT, la ligue des activistes indépendants du Liban. Cette jeune association a fait le bilan des ONG du monde arabe travaillant sur le climat et c'est rendu compte qu'elles sont moins nombreuses qu'en Afrique. Elle a donc lancé le projet de l'Arab Climate Alliance pour rassembler les ONG, faire de la formation et organiser un lobbying en direction de la ligue arabe.

325 millions d'habitants sur 23 pays sont concernés, les enjeux sont nombreux. L'Arabie Saoudite est l'un des principaux pays qui bloque les négociations de l'ONU sur la suite du protocole de Kyoto. Le manque d'eau déjà important dans la région, qui est aussi une source de conflits armés, va augmenter avec le réchauffement du climat. La nappe d'eau alimentant la bande de Gaza en eau potable va devenir de plus en plus saline et impropre à la consommation. Le delta du Nil risque d'être inondé et ses habitants devront fuir. Les côtes, espaces de développement touristique et de communication, vont être détruites par la hausse du niveau de la mer. Pourtant, le monde arabe dispose d'un espace suffisant et de conditions idéales pour produire de l'électricité photovoltaïque pour lui-même et ses voisins.

La lutte contre le changement climatique est un enjeu important pour cette zone sous tension, et la paix ne pourra avoir lieu qu'en limitant les impacts du changement climatique.

2/ La dette écologique

J'ai participé au Camp Climat allemand en août 2008. J'ai rencontré Victor Nzuzi Mbembe, paysan de Côte d'Ivoire, porte-parole de Via Campesina et du Comité pour l'annulation de la dette du Tiers Monde. Son témoignage poignant explique le phénomène de migration des villageois vers les villes. Le changement climatique modifie les rythmes de pluviométrie et les paysans ne peuvent pas adapter leur agriculture. Les récoltes sont moins bonnes et des familles se trouvent forcées de se déplacer en ville en espérant trouver de quoi survivre. Pour certains, la migration suivante est la fuite en Europe car les villes africaines ne peuvent subvenir à leurs besoins de base. Au péril de leur vie, ils traversent déserts et océans et affrontent la forteresse Europe. En réponse, l'Union européenne développe une politique sécuritaire appelée "Frontex" pour renforcer le contrôle de son territoire au-delà de ses frontières, au Magreb par exemple.

Les paysans africains se voient infligée une double peine par les pays du Nord. Premièrement, c'est le Nord qui a pollué l'atmosphère et est responsable du changement climatique. Mais les premières victimes sont au Sud, parmi les populations qui ont le moins de moyens pour s'adapter, comme ces paysans cultivant leur terre sans outils et qui ne peuvent s'offrir un système d'irrigation. Deuxièmement, le Nord continue une politique néo-coloniale en exigeant le remboursement d'une dette plusieurs fois payée par le Sud et qui empêche ces pays de développer des politiques de protection de l'environnement, de santé, d'éducation...

Il faut que le Nord reconnaisse sa dette écologique envers le Sud, qu'il annule les dettes et commence à payer pour les mesures d'adaptation aux impacts du changement climatique et de développement.

3/ Pour un nouveau siècle des lumières

En février 2008 j'ai eu la chance de rencontrer Mme BOGATAJ à Ljubljana en Slovénie. Cette scientifique spécialisée en agriculture est co-présidente du groupe de travail n°2 du GIEC en charge de l'adaptation au changement climatique. Le GIEC est le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat, il a obtenu le prix Nobel de la paix en 2007 pour son travail d'étude du changement climatique.

Elle venait de réagir dans la presse au fait que l'Union Européenne n'avait pas fixé d'objectif à la Slovénie pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre. C'est comparer la Slovénie à un pays en développement alors que ce pays qui présidait à cette époque l'UE devrait également réduire ses émissions. Elle me présente les impacts économiques du changement climatique pour son pays : sécheresses estivales et risque de désertification diminuant la production agricole alors qu'une part importante des exploitations sont encore familiales, diminution de l'enneigement et baisse de l'activité touristique, inondation plus fréquentes et mortelles dans des villes et villages qui ne sont pas adaptés à ce type de nouveau risque.

Après plusieurs années au sein du GIEC, Mme BOGATAJ se déclare de plus en plus pessimiste. Les politiciens qu'elles côtoient à tous les niveaux ne prennent pas conscience de l'urgence climatique. Elle souhaite un nouveau siècle des lumières, un changement radical de notre mode de pensée qui nous permettrait de trouver des solutions indépendamment du système qui a engendré le problème.

Plus de lien sur FRONTEX :

Billet original sur Un voyage A travers l’Europe et l'Asie sur le theme du changement climatique

24/06/09

Interview pour la Semaine de résistance. 1/4

Géronimo de No pasaran m'a demandé une interview pour présenter mon voyage dans une revue qui sera publié à l'occasion de la Semaine de résistance à l'aéroport de Notre Dame des Landes et du 1er Camp Action Climat en France.

La première partie de l'interview présente le projet Avenir climat et fait le point après 1 an et demi de voyage. La suite sera publié par épisode jusqu'à samedi.

no airport ndl

Pouvez-vous nous présenter votre projet ?

J'ai étudié la géographie puis travaillé 6 ans pour une communauté de communes en tant que chargé de mission développement durable. J'ai participé également à des activités militantes durant toute cette période, avec des associations locales de protection de l'environnement ou des collectifs internationaux mobilisés contre le G8 par exemple.

En 2007 j'ai décidé de changer de mode de vie et d'action, et j'ai monté le projet Avenir climat. Le but est de partir sur la route rencontrer celles et ceux qui luttent contre le changement climatique pour témoigner de leurs actions. Politiques, scientifiques, paysans, ONG, individuels, tous sont conscients du bouleversement écologique et social qui a lieu en ce moment. Leurs réponses sont diverses, en fonction de leurs moyens, de leur culture, du contexte local mais peuvent nous inspirer en France.

En Bourgogne, 200 élèves de l'école primaire au lycée suivent le voyage Avenir climat et le Journal de Saône-et-Loire publie régulièrement mon carnet de route dans son édition du dimanche. Quelques médias publics majeurs comme France Inter, France 3 Bourgogne ou France Bleu Bourgogne suivent également le voyage. Les collectivités locales de Bourgogne et le ministère de la Jeunesse et des Sports, ainsi que des donateurs, supportent financièrement ce projet bénévole. Le site http://avenirclimat.info est le média qui me permet de coordonner tout ce travail.

Aujourd'hui, où en êtes-vous ?

Le voyage était prévu comme une boucle sans avion en Europe et en Asie durant un an et demi. Le projet évolue au gré des rencontres. Je suis parti 7 mois de février à août 2008 en Europe et au Moyen-Orient, accompagné durant 3 mois par Purvi MAKWANA, une activiste indienne originaire de Bombay, dans le but d'échanger nos points de vue entre habitants du Nord et du Sud. Elle fut étonnée de voir autant d'activistes en Europe, et ne comprend pas qu'ils ne soient pas plus professionnels.

En décembre 2008 j'ai voyagé en Pologne pour participer à la réunion de l'ONU sur le climat, la COP14 de Poznan, et visiter la forêt de Bialowieza, la plus ancienne d'Europe.

De mars 2009 à maintenant, j'ai longé le Danube jusqu'à la mer noire et je participe à un groupe d'activistes mobilisés jusqu'en août en Europe pour mener des actions et faire du lobbying : réunion de l'ONU en Allemagne, G8 en Italie, Présidence suédoise de l'UE, Forum des Economies Majeures en France...

Depuis mon départ en voyage, j'ai effectué plus de 30 000 km et réalisé plus de 115 sujets en 330 jours. Plus de 1 000 personnes reçoivent ma lettre d’info et plus de 20 000 personnes ont visité mon site depuis février 2008.

Le voyage évolue, le projet change de forme. J'ai abandonné le salariat et un domicile fixe pour essayer de trouver plus de liberté.

Billet original sur Un voyage A travers l’Europe et l'Asie sur le theme du changement climatique

18/06/09

Présentation du programme Adopt a negotiator

Voici un message de présentation envoyé à La revue durable. Peut-être seront ils intéressé pour présenter cette initiative dans leur numéro de septembre sur les négociations de la COP15 ou sur leur site http://www.leclimatentrenosmains.org ?

Florent et moi sommes des trackers. Du 1er au 12 juin à Bonn, nous avons pisté les délégués français lors de la réunion de négociations de la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques et mis en ligne régulièrement les informations recueillis sur le blog http://adoptanegotiator.org/

Le programme « Adopt a negotiator » a démarré en juin pour suivre une dizaine de pays clés durant les négociations jusqu’en décembre pour la COP15 à Copenhague au Danemark. Les pays tracké sont la France, l’Allemagne, l’Italie, la Grande Bretagne, la Suède pour l’Union Européenne, l’Inde pour le Sud, plus les Etats-Unis, le Canada, le Japon et l’Australie.

Cette opération est lancé par le collectif d’associations Global Campaign for Climate Action qui organise la campagne TCK TCK TCK : « Climate change is putting life on earth in peril. There is still time to build a greener, safer world. But the clock is ticking. In December world leaders will meet in Copenhagen to decide our destiny. If enough people from around the world show support, our leaders will have the courage to act.” (http://tcktcktck.org). Le Climate Action Network reste le leader naturel pour tout le travail de lobbying sur les dossiers techniques.

Notre but est d’informer, sensibiliser et mobiliser les citoyens aux enjeux de la COP15. L’humanité est à un tournant de son histoire. Le GIEC, prix Nobel de la paix en 2007, tire une fois de plus la sonnette d’alarme. Il nous reste moins de 10 ans pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre si nous voulons éviter de dépasser les fatidiques +2°C de hausse des températures moyennes globales sur la Terre à la fin du siècle. Les états doivent arriver à un accord à Copenhague en décembre pour garantir la survie de tous, et en priorité celle des pays du Sud, déjà touché. Il faut une justice climatique maintenant !

Avec le programme « adopt a negotiator », démarré en Juin à Bonn et continuant jusqu’en décembre à Copenhague, nous voulons mettre la pression sur les gouvernements et les négociateurs pour arriver à un accord ambitieux. Nous voulons aussi expliquer aux citoyens les enjeux et le fonctionnement de ces négociations dont dépend notre futur.

A Bonn, nous avons suivis les négociateurs dans les séances plénières, ateliers et couloirs. Nous avons obtenus des entretiens en tête à tête. A chaque fois, nous demandons où en sont les négociations, quel ait l’ambiance dans les ateliers interdit au public, quels sont les marges de manœuvre que les diplomates peuvent utiliser, des précisions sur tel ou tel points des accords. Nous nous faisons l’écho des questions et remarques que les internautes nous font sur notre blog. En tant que trackers, nous participons à une plus grande transparence de ce processus international qui engage l’avenir de l’humanité.

Pour nous suivre :

  • Le blog : http://adoptanegotiator.org/
  • Twitter : https://twitter.com/adoptnegotiator
  • Flickr : http://www.flickr.com/photos/adoptanegotiator/
  • Liste de diffusion : http://avaaz.org/en/adopt_a_negotiator/
  • Facebook : http://www.facebook.com/pages/Adopt-a-Negotiator/102434345632
  • Présentation de Florent : http://adoptanegotiator.org/the-trackers/florent-baarsh-france/
  • Présentation de Benka : http://adoptanegotiator.org/the-trackers/benoit-kubiak-france/

Billet original sur Un voyage A travers l’Europe et l'Asie sur le theme du changement climatique

17/03/09

Avenir climat 2009 : départ pour l'Asie

J'ai fais ma première édition de vidéo avec une nouvelle caméra HD et un nouveau logiciel de montage. Le résultat est pas top, je vais voir si je peux améliorer ça...

Billet original sur Un voyage A travers l’Europe et l'Asie sur le theme du changement climatique

26/02/09

Pourquoi partir ?

Les motivations pour entreprendre un voyage de plusieurs mois en routard, sans agences de voyages et réservations à l'avance, peuvent être diverses. Les miennes sont définies, mises en formes, et "financables". mais à quelques jours du nouveau voyage, les questions et le doute sont toujours présents.

poznan, salle de négo

  • J'ai envie d'aventure, mais le mot n'est pas le bon. Je ne suis pas mike horn ni alexandre poussin

Je suis partis pour faire des reportages sur le changement climatique, en m'intéressant aux hommes et aux femmes que je rencontre. Ces témoignages sont ensuite diffusés dans un journal tous les dimanches, et auprès des établissements scolaires, qui bossent de septembre à juin, moins les vacances. C'est sur la base de la publication de ces reportages que j'ai eu des financements, qui me permettent d'acheter mon matos et de payer train, bus, bouffe et hébergement (sans compter visa et autres).

Je me sens pris dans l'obligation de sortir régulièrement des reportages, et je cours de grandes villes en grandes villes pour les faire.

Ma préparation ne comprend pas de planning précis au-delà du mois, et je suis obligé de rechercher mes contacts une fois sur place, à partir d'une liste pré-établis mais sans avoir définis un champ particulier du changement climatique. Du coup, j'hésite à sortir des sentiers battus de peur de ne pas produire à temps. Et je n'ai pas de contacts suffisamment précis pour aller faire un sujet "au vert" hors des grandes villes.

En fait d'aventure, c'est plutôt un bordel avec des contraintes et pas la bonne préparation.



  • Le changement climatique, c'est pas aussi la fin du monde ?


IMG_5218 kimedia.jpg Le changement climatique est un sujet qui me tient à cœur. Il est devenu aussi plus à la mode que le "développement durable". Le climat, c'est du à une trop grande consommation, c'est un problème de démocratie mondiale avec le Nord qui pollue le Sud, c'est la fin du pétrole, les réfugiés climatiques qui fuient les inondations ou les sècheresse, le bio et l'équitable, la destructions des "ressources" naturelles, et bien plus encore.

Plus j'en apprend, plus j'ai peur (n'est ce pas Fab'). Je ne suis pas un ingénieur des mines ou un climatologue. J'essaye de comprendre à partir des médias et des personnes que je rencontre. Grosso merdo, on est en train de tout polluer, air, eau et sol, les espèces qu'on a pas encore eu le temps d'étudier ont déjà disparu, et il va bientôt falloir changer de thermomètre pour continuer à lire les températures de plus de 50°C....

Pour finir , l'ONU nous promet la plus grande migration de l'histoire de l'humanité avec 100 Millions de réfugiés climatique sur les routes à la fin de ce siècle. Au siècle d'avant, mon arrière grand mère vivait dans la même maison où je suis en train de bloguer en wifi. Elle allait chercher l'eau au puits et se rappelait de la gendarmerie qui avait chassé les sœurs de la classe au moment de la séparation de l'église et de l'état.

Ça va très vite et je demande où on va arriver.



  • J'ai envie de témoigner, mais je ne suis ni scientifique, ni écrivain, ni photographe, ni cinéaste.


rcc strasbourg 1 Je n'ai pas pas les techniques, et ça me prend des plombes pour faire un montage vidéo qui serait juste bon à passer à vidéo gag. J'aimerai faire un film pour la TV, mais c'est tout une technique que je ne vais pas maitriser en 1 mois ! Merci au GERES de m'avoir donné une chance lors de la COP14 à Poznan, j'ai fait de mon mieux et j'espère que les images seront bonnes. Merci à Paulo pour le montage de la vidéo de 2008, t'as fait une merveille (bientôt traduit en Bulgare et en Anglais j'espère).

Pleins de copains (merci à eux) m'ont félicité pour mes photos sur flickr, mais je n'ose toujours pas partir avec un réflex, trop lourd et encombrant à mon avis. Je ne me suis pas lancé dans photoshop ni lighroom, alors que ça fait des mois que je me dis "demain, je commence".

Des personnes de "L'age de Faire" et "Vent du Morvan" m'ont proposé d'écrire un article depuis des mois, et j'aimerais bien faire des piges dans la presse papier pour gagner un peu de sous durant le voyage, mais j'ai toujours un gros problème avec l'orthographe et ça me bloque. J'écris même rarement des billets comme celui-ci sur ce blog.



  • Finalement, c'est surtout le sentiment d'être libre qui est le plus important.


IMG_8191 kimedia.jpg J'ai voulu ce projet pour faire par moi-même. Certain quitte tout pour faire pousser des légumes bio, moi je vais voir de l'autre coté de ligne d'horizon (voir si les légumes poussent). J'ai voyagé, milité et bossé un peu avant de partir sur cette idée qui s'est précisé en cours de route. Je mène mon propre projet sans autre patron que moi-même. J'ai changé de voie après près de 20 ans de scolarisation et 6 ans de salariat (avec un contrat de droit privé, mais dans le public).

Ce n'est pas simple, mais j'ai l'impression d'être sortis d'une zone délimité et d'un chemin tout marqué. Il y a bien sûr ma famille, et les assedics qui assurent le principal quand je suis en France, mais le reste je l'ai construit : définir le projet, trouver des ressources financières, des copains pour avancer, des médias, des écoles, découvrir de nouvelles techniques, etc.

Le sentiment de liberté n'est pas si reposant, pour preuve mes blocages de dos ou d'eczema avant chaque départ que je mets sur le compte du stress (PA : Cherch masseuse. CDD 1 an puis CDI si affinité. Permis voit. pas nécess. Zone mobilité : hémisphère nord). Le voyage "avenir climat" n'est pas tranquille comme mon premier trip en Inde, à passer 2 mois sac au dos de bus en bus, le nez au vent.

Mais après tout j'ai quand même l'impression d'être un privilégié, de pouvoir mener un projet que j'ai envie de faire, et qui me permet de vivre mieux que la majeure partie de l'humanité qui a faim, soif, n'a jamais été à l'école, ou rêve de pouvoir un jour passer une frontière pour atterrir dans un de ces pays du Nord qui gaspille toute ses richesses.

Billet original sur Un voyage A travers l’Europe et l'Asie sur le theme du changement climatique

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