Planet@Effraie.org

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

20/07/10

Auxy : portrait d'un écologiste, sur France 3 Bourgogne

france3bourgogne_juillet10Je pars ce matin pour le Camp Action Climat qui démarre le 22 juillet dans les environs du Havre. Je participerai en particulier au groupe auto-média qui vise à produire nos propres média :



En attendant, je passe de l'autre côté de la caméra et c'est France 3 Bourgogne qui m'interview. C'est passé hier au journal et vous pouvez le voir encore pendant 6 jours en suivant ce lien.
J'aimerai avoir une copie de cette émission sur mon disque dur car je n'ai pas pu l'enregistrer à la TV. Si vous savez comment faire ou pouvez le faire pour moi je vous remercie de m'écrire !

Billet original sur Un voyage A travers l’Europe, le Moyen-Orient et l'Afrique sur le theme du changement climatique

8/07/10

Retour d'Afrique : article dans le JSL

Cliquez sur l'image pour lire l'article.
presse climat 1 presse climat 2

Billet original sur Un voyage A travers l’Europe, le Moyen-Orient et l'Afrique sur le theme du changement climatique

17/06/10

La mondialisation vue depuis un cargo

MondialisationCargo Le site terra-economica.info reprend l'un de mes textes dans son édition du jeudi 17 juin ! Le texte a été écrit à bord du cargo qui m'a transporté d'Afrique en Europe. Prendre le cargo pendant 10 jours et suivre les grandes routes commerciales (même depuis l'Afrique) n'est pas anodin. Ce moyen de transport est une alternative à l'avion qui pollue, mais ces bateaux sont aussi une des faces de la mondialisation. C'est à lire (et à commenter) par ici.

Billet original sur Un voyage A travers l’Europe, le Moyen-Orient et l'Afrique sur le theme du changement climatique

15/06/10

Sur France Inter après mon voyage en cargo

Si vous avez loupé mon passage sur France Inter hier soir, vous pouvez le ré-écouter par ici.

Billet original sur Un voyage A travers l’Europe, le Moyen-Orient et l'Afrique sur le theme du changement climatique

Préparation du sac à dos

J'ai réalisé cette petite vidéo lors de mon départ en février et je n'avais jamais eu le temps ou la bonne connexion pour la mettre à votre disposition. C'est un essai pour moi avec une accélération de l'image pour passer les moments répétitif que je ne voulais pas couper. Je m'en suit servis ensuite sur le cargo qui m'a ramené d'Afrique pour filmer la mer et les nuages et mettre 1h de rush en 1 min de vidéo. Ici la qualité de la vidéo est très mauvaise, j'avais encore des problèmes pour exporter mes fichiers...

...
Bon, après l'avoir vu une nouvelle fois, vous avez le droit de rire...

Billet original sur Un voyage A travers l’Europe, le Moyen-Orient et l'Afrique sur le theme du changement climatique

14/06/10

7500km en cargo pour rentrer en Europe.

Voici un texte écrit à bord du cargo Grande Nigeria de la compagnie italienne Grimaldi. Je le publie une fois arrivé à Amsterdam. Je passe ce soir (lundi 14 juin, vers 23h15) sur France Inter dans l'émission Allo la planète, à écouter sur votre radio en FM ou sur Internet !


Bientôt l’arrivée à Amsterdam. Depuis quelques jours je n’ai pas touché terre.

Je suis à bord d’un cargo. J’ai embarqué à Tema au Ghana le 31 mai, nous sommes partis le 1er juin. A part un arrêt le lendemain, nous ne nous sommes pas arrêtés. J’ai choisis ce mode de transport pour rentrer en Europe et terminer un voyage débuté en février 2008. 10 jours de mer pour remonter du 4° parallèle au 52° de latitude nord. La vie à bord est monotone mais je ne m’ennuie pas. Mille et un détails animent cette dernière partie du voyage que j’ai voulu atypique. La Terre est immense, une bonne partie est couverte par les océans que je connais peu et qui sont peu visité. Je me devais de le faire, par curiosité. Je voulais aussi prendre la mesure de ce passage de l’Afrique à l’Europe et découvrir la vie d’un cargo qui commerce avec le continent le plus pauvre au monde.

canary island

Les raisons sont donc multiples, la principales est sans doute la curiosité. Je me suis préparé comme pour une expédition, je n’avais rien d’autre à faire. De longues journées d’attentes à Tema avant l’arrivée du bateau, qui ont fait suite à des semaines de démarche pour trouver une compagnie, acheter un billet et finalement traversé 3 pays pour arriver au pied de la passerelle. Durant mon dernier séjour à terre j’ai acheté des oranges, de la canne à sucre à mâchouiller, des biscuits avec la tête d’Obama dessus, 1kg de nutella fait au Ghana et qui sent le beurre d’arachide, du dentifrice, bref de quoi tenir en autarcie loin de tout. Passer 10 jours en mer, même à bord d’un bateau long de 200m et haut comme un immeuble de 8 étages, c’est comme traverser un désert. J’ai aussi conservé un stock de médicament en cas de diarrhée de dernière minute ou de crises de paludisme à retardement…

En fin de compte ces fruits ne m’ont pas servis, la nourriture est abondante mais peu diverse : pâtes à tous les repas dans ce bateau sous pavillon italien, puis poisson et un énorme morceau de viande, des fois avec des légumes, puis un fruit. Les services sont à 7h30, midi et 18h. Ceux qui ne peuvent être présent ont une assiette couverte de cellophane qui attend à leur place attitrée la fin de leur quart. En tant que passager, je suis à la table d’honneur avec le capitaine et les officiers en second.

27 hommes sont à bord, dont un tiers d’italien et le reste d’indiens. La routine à bord pèse sur ses hommes forcés de vivre confinés sur cet espace somme tout restreint. Les ordinateurs portables et lecteurs MP3 sont leur refuge le soir, une fois leur 8 à 12h de travail terminé. Un passager à bord, peu fréquent dans le sens où je l’ai pris et en général moins nombreux dans les liaisons avec l’Afrique qu’avec les autres continents, est une animation bienvenue même si les contacts sont rares en dehors des officiers que je côtoie à table.

La domination du Nord sur le Sud est toujours présente : les salaires pour les italiens est environ le double de celui des indiens. Le temps passé à bord est aussi différent : 4 mois pour les marins européens, 7 pour les autres. Symbole de la mondialisation, les marchandises transportés sont constitués de produits chimiques ou manufacturés dans le sens Nord-Sud (principalement de vielles voitures trop polluantes pour le Nord, mais aussi des camions, des engins de travaux) et de produits brut dans le sens Sud-Nord (cacao, arbres, légumes).

Je passe mon temps dans ma cabine, à jouer avec un vieux jeu de 1994 récupéré la veille du départ sur Internet. Je fais un peu de photos et de vidéos à bord, édite quelques reportages, lit très doucement le seul roman qui me reste et que j’ai pu trouver au Bénin dans une auberge pour volontaire. La salle de gym du bateau me permet de faire un peu de vélo et de soulever des poids une demi-heure par jour. J’ai aussi des centaines de films sur mon disque dur et j’en regarde plusieurs d’affilé. Tous les jours vers 9h le steward qui fait le service pour les officiers vient faire le ménage.

Dehors le paysage est monotone : une mer de nuages sur un océan aquatique, une variation de bleu qui bouge très lentement, nous avançons à 18 nœuds, ce qui doit correspondre à 32 km/h environ. Nous croisons de rares bateaux lorsque notre route croise les axes de navigations. L’espace à beau être immense, l’organisation du commerce international nécessite toujours de faire les trajets au plus courts et les bateaux suivent des circuits bien définis. Pas d’oiseau dans le ciel, même au passage à proximité des îles canaries au large du Maroc, mais quelques dauphins vus de loin et des poissons volant vu du haut de la passerelle. Nous avons été suffisamment proches pendant quelques heures pour capter le réseau de téléphonies et chacun a passé un appel à sa famille. Par chance, nous avons eu droit au couché de soleil sur les îles, avec un ciel nuageux couvrant ces reliefs dépassant de l’océan atlantique. Comme un cliché, l’eau est devenue dorée, les silhouettes des iles ont virée du bleu profond au noir, et les nuages ont été percés des derniers rayons de soleil inondant cette scène d’une lumière féérique. Voir ce spectacle de la nature depuis le large fut un moment unique que peu de personne ont eu la chance de vivre.

Le ronronnement du bateau est continu. Les vibrations du moteur de ce géant au ventre vide de retour d’Afrique se répandent dans les murs, les meubles et tout ce qui peut bouger, la houle de la haute mer cogne contre la coque, la ventilation souffle tout le temps et le vent du large siffle au dehors. En même temps, les mouvements lent du gîte et du tangage me berce dans mon lit ou me font tituber lorsque je marche. Je n’ai pas le mal de mer, mais je sais qu’en arrivant à terre j’aurais toujours l’impression de marcher sur une eau en mouvement, au moins pendant quelques heures.

J’ai eu droit à deux visites du bateau, sans compter un rapide tour pour la sécurité avec les combinaisons étanches, les bouées et bateau de survie. Un officier italien m’a fait visiter les ponts et un officier indien la salle des machines. C’est grand, parfois sale mais en bon état, et les murs sont régulièrement couvert de d’affiches ou de mots d’ordre pour la sécurité. Des plans du bateau sont accrochés partout avec les différents points d’équipements de secours, d’électricité, d’eau, et je ne sais quoi encore. Le pont, là où les commandes du bateau sont regroupées, est tout en haut, au 13ème étage. L’endroit est clair avec toutes ces vitres panoramiques qui permettent d’observer la mer, et est étonnante avec tout ces cadrans, ces radars, ces manettes et téléphones. De là on commande tout le navire et on communique avec la terre.

Voilà un long récit, vous pouvez continuer à rêver en regardant les photos !

Billet original sur Un voyage A travers l’Europe, le Moyen-Orient et l'Afrique sur le theme du changement climatique

29/05/10

Toujours à Tema, Ghana

Je suis au Ghana et je n’en finis plus d’écrire sur mon départ, 3 textes en 3 jours ça ne m’était pas arrivé depuis longtemps. Je veux sans doute garder une trace de ces dernières sensations de voyage, tant j’ai l’impression que mon voyage sera terminé une fois débarqué à Amsterdam…

Je me brossais les dents il y a un instant, et l’image que le grand miroir de ma chambre me renvoyais est finalement étonnante et illustre ce denier voyage en Afrique. Je porte un pantalon de bazin blanc, acheté et taillé sur mesure au Togo il y a une semaine. C’est un bazin de luxe, un tissu de coton amidonné (en principe du Mali mais j’ai l’impression que le mien vient d’Allemagne) très confortable et agréable à regarder, même en France. Je veux dire que ce n’est pas un tissus tape à l’œil comme les chemises africaines immettable sous nos cieux (mais que j’ai pourtant acheté en nombre... pour les amis sûrement)

La coupe est assez large car j’ai du perdre plus de 10kg depuis mon départ de France le 19 février. Mes joues sont creusés, j’ai l’impression que mon ventre a trop de peau, je peux compter mes côtes et admirer mon épine dorsale. Je ne grignote plus du tout depuis 3 mois et je ne compte plus les repas sautés, les raisons sont nombreuses. La fatigue du soir ou la chaleur du jour ne me pousse pas à la recherche. Il m’est des fois impossible de trouver autres choses que de la cuisine de rue à l’hygiène suspecte : les plats sont vendus sur les trottoirs, séparés de la route (poussiéreuse) par un égout à ciel ouvert. Mon hôte ou mon hôtel ne cuisine pas comme convenu. Le plat est si épicé ou gluant que ne fait que gouter une bouchée…

Je n’ai quasiment rien perdu (à part du poids) depuis mon premier départ en février 2008, mais aujourd’hui j’utilise une brosse les dents achetée dans un supermarché voisin car j’ai oublié la mienne dans l’hôtel précédent. Au début de mon voyage je n’arrêtais pas de faire 3 fois l’inventaire de mon sac mais en fait très peu d’objet sont absolument utile, et la plupart peuvent être remplacé dans le pays où je suis. Même le vol de mon ordinateur et de mon appareillage de prise de vue dans un train en Serbie l’an dernier non pas été trop grave grâce à ma bonne assurance (Filia MAIF) et à mes sauvegardes sur un disque dur externe.

Même la musique que j’écoute sur mon ordinateur alors que je tape ce texte me ramène à cet univers de voyage, ce monde différent dans lequel je vis pour le moment. Jimi Hope, un artiste togolais, chante une espèce de blues en ewe ou dans une autre langue inconnue et incompréhensible. Son album a été réalisé dans les pays du Nord et je l’ai vu en concert au Centre Culturel Français de Lomé au Togo. J’ai assisté à plusieurs spectacles dans les CCF à travers l’Afrique de l’ouest où ils jouent un rôle important tant il est difficile de trouver des salles de concerts corrects pour les artistes. Tant pis pour le rôle néo-colonial de l’ex-pays dominateur, que se retrouve promoteur d’une culture locale disponible pour une élite et bien différente de la soupe synthétique et réductrice qui se déverse dans les rues.

Je vais maintenant quitter ma chambre d’hôtel moyen de gammes pour essayer de visiter le port, sans doute le principal point de contact entre le Ghana et le monde extérieur. J’ai utilisé hier l’air conditionné pour la première fois tant l’air était moite après un orage. Mais le bruit du vieil appareil était trop fort et j’ai éteint. Le ventilateur au plafond n’a plus qu’une vitesse et branle dangereusement en tournant. L’unique lampe de la chambre a un verre a moitié cassé et joue à cache-cache avec les pales du ventilo, donnant un aspect stroboscopique désagréable. Les détails s’enchainent : le sommier à lattes disparates et pleins de trou qui vous casse le dos, les planches de la porte découpé à la hache et qui ferment difficilement, le beau carrelage de la salle de bains concassé pour faire rentrer la chasse d’eau des toilettes dans un espace trop étroit…

Dernier coup d’œil dans la classe avant de partir. Ah oui, penser à trouver un coiffeur ! Le dernier n’avait pas l’habitude des cheveux de blanc. D’habitude il se contente de raser les têtes noires. Moi il m’a taillé aux ciseaux. Mieux vaut garder une casquette sur la tête pour cacher le massacre pour le moment.

Billet original sur Un voyage A travers l’Europe, le Moyen-Orient et l'Afrique sur le theme du changement climatique

Mes derniers instants en Afrique

Je pars demain. Je ne sais pas à quelle heure. Mon contact à la compagnie Grimaldi doit m’appeler : « demain ! ». Le cargo arrive de Lagos, mais impossible de savoir à quel moment il aura un quai de libre pour accoster. Je profite donc de mes derniers instants en Afrique pour parcourir cette ville inconnue d’où je vais embarquer pour 14 jours de mer. 14 jours, peut-être plus, ça dépend de l’état de la mer…


** En fait mon départ est repoussé de vendredi à dimanche car le cargo n'est pas encore arrivé**

Téma, aucun guide de voyage n’en parle. Apparemment il n’y a rien à visiter ici quand je pose la question. Je pars donc pour une de mes activités favorite : faire le tour du marché et comprendre l’organisation de mon quartier. Il n’y a pas d’urbanisme comme en Europe, mais le marché est toujours le point central. Je trouve à côté la poste et les bureaux de change. J’envoie quelques cartes postales, les premières depuis mon arrivée il y a 3 mois en Afrique je crois. Je change des dollars américains acheté au marché d’Antakya (Antioche) en Turquie il y a 2 ans et qui ne m’ont jamais servit, j’achète des euros pour avoir de l’argent de poche à bord de mon cargo. J’achète aussi un peu de cedies, la monnaie du Ghana, car mes achats de dernières minutes m’ont couté plus que prévus et je ne veux plus utiliser ma carte Visa.

Quand je me ballade dans les marchés, ou leur équivalent du monde arabe, les bazars, je n’achète que des petits trucs à grignoter car c’est assez difficile de marchander avec la foule qui vous presse. Un marché est un monde à part, c’est le centre d’une galaxie. Les villageois qui viennent ont parfois l’air d’extraterrestre, avec leurs vêtements différents ou leur appréhension face au trafic routier. Vous trouvez les fruits et légumes produits à quelques kilomètres à la ronde, mais aussi tout ce qu’une grande ville peut récupérer : chaussures et habits de seconde main, des appareils électriques…

Au milieu de tous ces stands construits avec 4 planches ou simplement délimité par un bout de tissus posé à même le sol, les cantines sont à peine moins mouvementées. Les femmes sortent de grandes bassines remplis de riz, fufu, manioc, ignames. Les sauces arachides ou tomates sont dans de petits ports et sur un coin de tables trône le poisson séché noircis par la fumée, les brochettes de bœufs et les cuisses de poulet rougis par l’huile dont elles sont badigeonnées. Trop de monde, trop de regards vers le blanc, je n’ose jamais sortir mon appareil photos.

Du Ghana en Europe, je vais mettre 14 jours. A l’époque du commerce triangulaire, les négriers mettaient 2 à 3 mois pour faire le chemin inverse. Sur l’ensemble du parcours, 30 à 40% de l’équipage pouvait décéder, et 10 à 20% des esclaves. J’aurais la belle vie à bord de mon cargo avec cabine personnelle et TV satellite (parait-il), mais je prévois quand même quelques courses :

  • des chocos pour mon petit-déj, et une pâte comme du Nutella, trouvé dans un supermarché.
  • une quinzaine d’orange, toutes vertes et moins bonnes que celle du Maroc.
  • un peu de corned-beef pour me faire un sandwich au cas où et quelques biscuits avec la tête d’Obama dessus.

En rentrant à mon hôtel je trouve un magasin de produit locaux, j’en profite pour acheter du schnaps, qui sert pour les rites vaudou et pour les mariages, et des biscuits secs. Il y a aussi du beurre d’arachide et de chocolat, mais c’est trop lourd pour mon sac. J’ai droits à 100kg de bagage à bord, mais après il me faudra tout transporter du port d’Amsterdam jusqu’à la maison quand même. Je m’arrête encore une fois en route pour manger une saucisse grillé et un verre de liqueur de chocolat puis je rentre me mettre à l’abri. Un orage arrive et je n’ai pas envie de me noyer à cause d’une pluie tropicale.

Billet original sur Un voyage A travers l’Europe, le Moyen-Orient et l'Afrique sur le theme du changement climatique

28/05/10

Sur togozine.com : "Benka, un globe trotter en mission"

J'ai repondu par email a une interview pour le nouveau site togozine.com. Vous pouvez le lire a cette adresse.

Benka, un globe trotter en mission http://togozine.com/benka-un-globe-trotter-en-mission/

Benka est un globe trotter en mission. Il a parcouru l’Europe pendant plusieurs mois pour collecter les témoignages de celles et ceux qui s’engagent contre le changement climatique. Tous les moyens de transport sont bons sauf l’avion car « celui-ci est le mode de déplacement le plus polluant par passager transporté ». Sa prochaine destination était l’Asie. C’est pourtant à Lomé qu’il était ces derniers jours. Il a accepté de répondre aux questions de Togozine.

D’abord, pourquoi l’Afrique?

J’ai choisi l’Afrique par défaut. Lorsque j’ai préparé mon voyage en 2007 l’idée était de parcourir l’Europe et l’Asie et comparer les réponses dans la lutte contre le changement climatique. Pour plusieurs raisons, je n’ai pas pu rejoindre l’Asie : passage par la route impossible au Pakistan, délais trop long pour obtenir les visas pour faire le trajet avec le Transsibérien. Au final, en janvier 2010, je me suis décidé pour continuer mon voyage vers un continent accessible par la route et où il est facile d’obtenir les visas : l’Afrique.

Combien de pays avez-vous traversé depuis votre arrivée sur le continent?

Je suis arrivé au Maroc, au Maghreb, même si la géographie nous dit que le pays est africain. J’ai ensuite traversé rapidement la Mauritanie et le Sénégal, je me suis posé un peu au Mali et au Burkina, et plus longuement au Togo où un ami français milite depuis plusieurs années. Je suis actuellement au Bénin et je voudrais aussi aller au Ghana.

Aviez-vous des apriori ?

Je ne pensais pas avant à l’Afrique car je n’avais pas d’attirance particulière, je voyais les africains (sans faire de différence entre les populations et les classes dirigeantes) comme dépendant des ex colons et attendant tout des blancs dominateurs. En bref, c’était pour moi des pays sans projets, sans identités propres, avec une histoire commençant avec l’esclavage, en train de mourir du SIDA, exploité par la mondialisation, en un mot sans avenir.

Au moment du départ, je rassemble mes idées et mes contacts, et découvre que d’autres voyageurs ont parcouru ces pays, que des ONG dynamiques essayent de se battre, que des solidarités se tissent pour lutter contre un capitalisme aussi dévastateur au Sud comme au Nord. Au final, quoi de mieux que d’aller sur place pour rencontrer directement les africains et comprendre un peu mieux les subtilités et différences de ce continent.

Quels apriori sont tombés les premiers?

Le premier apriori qui n’est pas tombé mais c’est confirmé, est qu’il fait chaud et que c’est dur de bouger tout simplement sous la chaleur. J’ai du affronter des températures de plus de 45° au Mali et au Burkina.

Quels apriori sont tombés ? Je ne trouve rien au premier abord. Je pense plutôt à des ONG remplis de projets qui restent au stade du papier, à des jeunes qui ne pensent qu’à immigrer en Europe, à la domination d’une classe dirigeante compromise avec les anciens colons, à une pauvreté généralisé, à un manque d’éducation qui rend difficile une discussion poussée.

Il existe des perles au milieu de cet océan, des hommes (et quelques femmes qui se sont battus encore plus) qui analysent clairement la situation de leur pays et arrivent à tisser un réseau de conscience plus ou moins tenu, quelques intellectuels (mais qui finissent toujours par citer des menaces plus ou moins lointaines).

Les différences me semblent tellement énormes que je ne me vois que comme un étranger. La meilleure chose que je puisse faire est de travailler de retour dans le Nord sur les causes de dominations, mais je ne me vois pas soutenir des projets humanitaires ou de développement tant la tâche est immense et qu’il est difficile de trouver un partenaire dans lequel ont puisse avoir confiance.

Comment avez-vous entendu parlé du Togo pour la première fois?

C’est un ami résistant, français marié à une togolaise, qui m’a fait connaitre le pays et surtout sa capitale. Son réseau de contacts m’a permis des rencontres intéressantes et son expérience de l’Afrique m’a donné des clés de lecture que j’aurais cherchées en vain sans lui.

Au Togo, qu’est ce qui vous a le plus marqué par rapport aux autres pays d’Afrique que vous avez traversé ?

J’ai trouvé que le Togo est dominé par la même famille depuis plus de 40 ans, et que les bains de sang commis dans cette miette de l’Afrique n’ont pas l’air de déranger les dirigeants français, sans doute parce qu’ils sont complices et qu’ils en tirent bénéfice.

En regardant à la surface, j’ai trouvé un calme bienfaisant dans les rues de Lomé, loin du tumulte de Ouagadougou ou de Bamako. Ce calme est sans doute du au déclin de l’activité après l’embargo qu’a connu le pays et suite aux élections truquées des derniers mois. Même si la situation méridionale de la ville est l’un des facteurs, l’émigration des togolais qui ont fuit les troubles et la pauvreté doit en être responsable tout autant.

Est-ce que vous avez rencontré des acteurs de la lutte contre le changement climatique au Togo ?

Franchement, j’ai vu peu de choses, pour plusieurs raisons :

  • j’ai travaillé avec les jeunes du quartier Avedjivi sur un atelier vidéo qui m’a pris plus de temps que prévus.
  • je n’ai pas poussé les contacts que j’avais pour faire mes reportages
  • je n’ai pas trouvé de projets concrets et remarquables apriori
  • je suis resté tout le temps à Lomé sans bouger ailleurs dans le pays.

Est-ce que vous trouvé que les togolais sont assez concernés par le sujet?

Les togolais sont bien sûr concernés, mais peu sont conscients. Ils sont concernés car les températures sont en hausse et les précipitations en baisse, ce qui à un impact sur l’agriculture. L’érosion de la côte est souvent citée en exemple également. Mais être conscient des actions à mener et de pouvoir les réaliser est un autre pari.

L’Afrique est soumise à une double peine :

  • ses ressources humaines et naturelles ont été pillé par les colons du Nord et les classes dirigeantes, et continue de l’être avec l’aide des théories capitalistes. Cette exploitation du Sud par le Nord a permis le développement de mon pays par exemple, avec un productivisme qui a engendré les émissions de gaz à effet de serre, responsable du changement climatique.
  • le changement climatique créé par le Nord a un impact mondial et touche en premier lieu les paysans africains dont la majeure partie est restée quasiment à l’âge de pierre. Le Nord continue à refuser de diminuer ses émissions de gaz à effet de serre tout en refusant de financer l’aide à l’adaptation réclamée par les gouvernements africains.

Les gouvernements devraient arrêter de payer leur dette extérieure et réclamer le paiement de la dette écologique du par les pays du Nord et les compagnies qui les ont exploités.

Le récent livre Le Temps de l’Afrique écrit par Jean-Michel Severino et Olivier Ray, spécialistes du développement a été beaucoup commenté ces dernières semaines. L’article L’Afrique Noire serait-elle bien partie? publié dans Youphil souligne que « «Les deux auteurs sont convaincus que l’Afrique va connaître un essor très important dans les années à venir. A condition de savoir faire face à deux écueils: l’instabilité politique et la crise environnementale globale qui l’impactera fortement ». Qu’en pensez-vous ?

Je n’ai pas pu lire l’article ni le livre, mais je vois peu d’espoir pour les africains dans les années à venir. Par contre, le système capitaliste, s’il n’est pas abattu, pourra certainement garantir de beaux revenus à une minorité qui profitera de cette zone de non-droit aux ressources naturelles immenses.

La crise environnementale ou sanitaire ne menace que ceux qui ne peuvent pas payer pour se protéger, et parler d’instabilité politique à la place de dictatures ne me semble pas honnête. Il faut changer de système politique, mais les alternatives démocratiques ne semblent pas nombreuses pour les remplacer.

Comment avez-vous fêté le 27 avril dernier, le jour de l’indépendance ?

Le samedi j’ai été à Agoué au centre des jésuites pour une fête de quartier, plusieurs centaines de personnes, quelques jeunes qui criaient au fond sans respecter le public et des numéros de playback plus quelques danses hip-hop dont certaines bien faites mais sans intérêt. Seuls quelques adultes m’ont semblé intéressants, avec des fables ou de l’humour, mais rien ne traitait de l’indépendance.

Le centre Mytro Nunya a organisé des débats sur 50 ans d’indépendance ou de néocolonialisme avec des archives sonores et vidéo qui ont rassemblés quelques dizaines de personnes. Je n’étais pas à cette soirée car je m’étais levé de bonne heure pour rencontrer des frères franciscains à Soviépé. Ils ont finalement refusé d’être filmés par les jeunes pour expliquer l’histoire de leur quartier sous de faux prétextes qui m’ont mis en colère. Des jeunes, que les religieux connaissent depuis leur enfance, se voit refuser la participation de personnes qu’ils respectent, alors qu’ils sont au chômage et ne font rien d’autre de leur journée.

J’ai ressenti ces fêtes comme une poudre aux yeux, une série de cérémonies (j’ai vu les communications depuis le Mali jusqu’au Togo) des riches pour éblouir les pauvres et leur faire oublier pendant un instant leur espoir de libération.

Au final, est-ce que vous êtes content de ce voyage?

Globalement je suis content d’être venu. Ca ne restera pas ma plus belle destination, mais c’est sans doute l’une des zones où j’ai appris le plus (même si je n’ai pas tout compris).

Benka, merci pour cet entretien et bonne continuation pour la suite de vos voyages que nous pouvons suivre sur avenirclimat.info

Propos recueillis par Yawa

Billet original sur Un voyage A travers l’Europe, le Moyen-Orient et l'Afrique sur le theme du changement climatique

10/05/10

Une matinée à Cotonou

Réveil par étapes. RFI à pleins tubes chez les étudiantes nigérianes de la chambre d’à côté. Démarrage vrombissant en dessous de ma fenêtre de la BMW de la femme de mon hôte. Bruits de casseroles qui s’entrechoquent dans les cuisines. Premiers cris dans la rue au passage des zemidjans, ces motos-taxis kamikazes mais incontournables.

Il est 6h15 au premier coup d’œil. J’ouvre un autre œil à 7h et je finis pas me lever, fatigué, à 8h. Il fait déjà chaud, j’ai dormis les fenêtres grande ouvertes pour laisser l’air frais de la nuit rentré, mais les pâles du ventilateur suspendu au-dessus de mon lit ne sert plus qu’à sécher la sueur. Pas de couverture ni de drap, je dors en caleçon depuis des semaines. Pas de volet non plus à ouvrir le matin, de toute façons, les maisons à étages dans ce quartier prospère sont construites si proches les unes des autres qu’il faut monter sur le toit pour voir le soleil.

Je descends à la salle à manger retrouver mon hôte qui a déjà mangé un plat de riz ou de pâte de maïs. La famille mange à part, et je partage des fois le repas du soir ou du midi en tête à tête avec le docteur Sossou, gynécologue mais aussi diplômé en droit de l’environnement et en économie. Ces trois emplois cumulés en une journée de travail de 12h non-stop lui permettent de payer son 4x4 japonnais et sa BMW, ainsi que la construction de la maison entreprise il y a 5 ans et pas encore finis.

J’avale un peu d’eau chaude soupoudré de café instantanée, un carré de sucre mais je délaisse le lait en poudre ou concentré au gout bizarre. Je trempe un bout de pain tout mou, sans beurre du Poitou-Charentes ni confiture, on n’est pas à la maison. A Lomé j’avais du pain-sucré, une espèce de pain brioché étonnamment bon.

Le déjeuner est prit dans la salle à manger-salle de réception, avec l’incontournable canapé taillé pour accueillir les formes généreuses des mamas africaines. On a l’impression d’être dans une grotte tellement les murs sont proches des fenêtres. Je sue à grosse goutte et trempe ma chemise le temps de dire bonjour.

Je remonte vite prendre ma première douche matinale. J’ai mis un seau à remplir au goutte-à-goutte qui sort des robinets. Au dire des géographes de l’université rencontré plus tard, le pays ne manque pas d’eau mais la gestion est catastrophique et entraine des coupures à cause du passéisme et de la corruption.

Je me retrouve tout humide, pas la peine de se sécher je serai à nouveau en sueur dans un instant. Je fais mon sac en emportant le minimum, on m’a dit tellement de mal des zemidjans de Cotonou que je méfie pour ma première tentative. Le jeune frère de mon hôte, ils ont dans les 20 ans d’écarts, sort dans la rue. Il sélectionne une moto-taxi sur un critère qui m’échappe (une pas trop pourri sans doute, avec au moins des freins et un rétro) et négocie un tarif local, inférieur de 25 à 50% à ce que je paierai par moi-même. 600 F CFA pour aller à l’université qui est selon mes sources à 15 ou 20 km au nord de Fidjirossé.

Je m’assois derrière mon chauffeur recouvert de sa chemise jaune avec son matricule écrit au pochoir et c’est partie pour mon premier rallye à deux roues dans la capitale économique du Bénin.

Billet original sur Un voyage A travers l’Europe, le Moyen-Orient et l'Afrique sur le theme du changement climatique

23/03/10

Depuis Koutiala, Mali

Bon, on va essayer un billet pour vous dire ce qui ce passe dans le coin, sans faire trop miséreux non plus.

Je suis arrivé à Koutiala samedi 20 mars. Je dois rencontrer le GERES Mali qui travaille à la création d'une filière local d'huile végétale pure à partir de Jatropha planté en haies ou dur de petites surfaces. Le carburant doit rester au niveau local pour les moulins, groupes électrogènes, pompes ou tracteurs des villages.
La période n'est pas trop bien choisis car ils ont pas mal de boulot, donc je vais peut-être partir pour le burkina-fasso sans avoir fait ma vidéo... Les transports sont pas simple dans cette ville de 100 000 habitants avec juste quelques taxi, donc il faut trouver quelqu'un à mobylette, moto ou en 4x4 pour me transporter. Quasiment pas de resto au bord des routes car tout le monde mange chez soit, donc pas facile non plus de trouver à bouffer (et il n'y a pas de cuisine à la mission catholique où j'ai atterrit). ah oui, et j'ai trouvé un lézard momifié avant-hier sur mon oreiller, après que j'ai secoué la moustiquaire pour la ranger pour la journée....

Je suis arrivé le 21 février à Tanger et le 9 mars à Bamako.

  • J'ai réalisé 4 vidéos avec le GERES au Maroc, dont seule une série de photo ont été publiés, et loupé une interview à Rabat avec un fonctionnaire sur les seuls projets CDM/MDP d'Afrique du Nord et peut-être d'Afrique.
  • J'ai une série de photo sur mon road-trip Tanger-Bamako en 7 jours, mais quasiment sans aucun texte mis à part les légendes des photos.
  • J'ai rencontré le Réseau Carbone à Bamako, sans pouvoir faire de vidéo ni avoir pus prendre de note.. Malgré plusieurs contacts, je n'ai pas pu voir les services de la météorologie nationale : trop de paperasse à faire, de personnes pas motivés... J'ai pu faire 2 interviews avec l'ONG Sahel Solidarité Mali mais sans avoir pu aller voir sur place leur projet d'écotourisme, dépollution des sols et agro-écologie malgré deux tentatives. Je n'ai pas contacté non plus Yoro, l'animateur national de l'ONG française LACIM



Mes deux premières semaines au Mali m'ont semblé un mois ! J'avais prévus d'aller en Chine et d'être à -40°C en février dans le transsibérien en Russie, pas de supporter +40°C à Bamako avec l'impression d'être dans un four où l'on souffle de la poussière en permanence, il y a peu de routes goudronnés à Bamako et les concentrations en particules fines dans l'atmosphère sont 100 fois plus élevé que les seuils de l'OMS, pour des pics atteignant les 500 fois !
Un expatrié à Koutiala explique que le salaire de base malien est 20 fois inférieur à celui en France, alors que l'essence est quasiment au même prix (700 CFA pour 1 litre de carburant pour les petites motos). Cette différence aide à comprendre l'habileté de certains vendeurs à vous vendre 3 fois plus cher de l'artisanat sous prétexte que vous êtes un touriste blanc et qu'il a une famille à nourrir (jusqu'à ce que vous le retrouviez ivre mort le lendemain matin au bout de la rue).

Pour l'instant j'ai du mal avec l'Afrique. C'est pour moi un paysage désolé : peu de végétation, à cause de la pression démographique et du climat sahélien, des échoppes de 3 bouts de bois pour vendre un peu d'essence, de bois, de l'épicerie, des volailles... Pas de gros problèmes de grappes d'enfants ou de racoleurs comme dans certains endroits en Inde, mais souvent un grand sourire pour dire que ce n'est pas possible (de faire un café, d'avoir un renseignement...). Les rencontres sont rares pour le moment avec ceux qui ne vont pas demander un peu d'argent ou un cadeau avant la fin d'une conversation amicale dans la rue et je commence à n'en plus pouvoir du menu frites-brochette de veau pas cuite midi et soir. J'essaye de dormir quelques heures entre 11h et 16h quand il fait le plus chaud, mais même sans bouger sous un ventilo on est en sueur, humide, moite, collant.

Les projets sont très nombreux au Mali, où alors si peu nombreux que tout le monde en parle, et qui allient écologie et développement : agro-foresterie, éco-tourisme, utilisation de l'eau, gestion de la forêt, mais à chaque fois ce ne sont que des projets financés par l'aide au développement ou la coopération. Même les programmes de coordination du ministère de l'environnement (le Projet d'Appui à la Politique Environnementale) est financé par la coopération allemande avec le GTZ. Sans l'Europe, les USA ou la Chine il n'y aurait rien : pas de financement, ni de technicien ou d'ingénieur pour mener les projets. Dimanche soir, en regardant les résultats (et l'abstention) pour les régionales françaises, un malien m'explique que le président ici n'a pas de partis, il n'en a pas besoin car c'est la France qui le nomme de toute façon. Le réseau Carbone, qui souhaite mené des projets d'atténuation et d'adaptation financé par des crédits carbone, à notamment l'ambition de faire revenir la diaspora malienne au pays : c'est un des points important de son projet !

Les projets que je vois pour le moment, ainsi que la vie en général, me semble anecdotique, des pansements sur une jambe de bois. Il n'y a quasiment pas d'autonomie financière pour des projets qui dépasse l'échelle de l'affaire familiale. La santé, l'alphabétisation, la justice sont à un niveau basic. Les projets sans aide humaine ou financière du Nord me semblent peu viable.
Une française qui participe à un atelier de bazin critiquait les femmes qui ne prenait pas d'initiatives : pourquoi toujours utilisé 4 couleurs, pourquoi se limiter à quelques motifs sans cesse identique ? Pas assez d'imagination bridé par la traditions, manques de cultures, pas de projections dans l'avenir pour anticiper les ventes...
L'afrique, un autre monde que j'ai encore trop de mal à comprendre.

Billet original sur Un voyage A travers l’Europe, le Moyen-Orient et l'Afrique sur le theme du changement climatique

14/11/09

Des nouvelles fraîches de Norvège

Bonjour à tous,

Voici une très longue lettre : je ne vous ai pas écrits depuis des mois et pourtant il c’est passé bien des choses. Par où commencer ?

Avant de démarrer, je cherche des contacts pour une rencontre ou de l’hébergement :

  • dans le nord de la Norvège : iles Lofoten (plutôt au sud), Bodö et Narvik à partir de mardi 17/11,
  • à Stockholm, pour le WE du 21 et 22/11 et sans doute quelques jours de plus,
  • et surtout à Copenhague, à partir de la semaine du 23/11 et pour un mois, si possible dans le centre-ville, pour le sommet de l’ONU sur le climat.

Cette annonce faite, reprenons.

Par la fenêtre en face de moi je vois la mer au bout d’un pré, entouré par des montagnes de 1 000m et tombant à pic dans ce fjord de Romsdalsfjorden. Je suis en Norvège, dans le village de Torvik, hébergé pour le moment par un couple franco-norvégien qui a repris la ferme familiale pour faire de l’élevage ovin – en bio. L’hiver est attendu comme un visiteur et doit arriver aujourd’hui ou demain : lorsque la terre sera gelé, il ne sera plus possible de la travailler jusqu’à l’année prochaine. Les journées sont courtes et la ligne de crêtes joue des épaules pour nous cacher ce soleil qui peine de plus en plus à monter au-dessus de la ligne d’horizon.

R

Ma dernière lettre est ancienne et je ne sais pas si je vous avais parlé de ce projet scandinave. Il faut dire que les évènements se sont succédés rapidement et que l’automne a fuit plus qu’il n’ai passé. Après ma participation au camp action climat cet été, j’ai choisi de continuer avec ce milieu militant et de tourner définitivement cette mauvaise page d’AVAAZ.

Septembre, Paris. Brève rencontre avec l’équipe nationale de l’association attac autour de Geneviève AZAM, une universitaire qui est l’actuelle experte du réseau français Urgence Climatique, Justice Sociale, voir l'appel ici. Entretien avec Yvan (auteur de l’enquête Orange stressé) et d’Agnès, du site d’information http://www.bastamag.net/. Un de mes articles va être dans leur dossier spécial climat.

Septembre, Hamburg. Création du groupe de travail pour la manifestation ‘Reclaim Power !’ du réseau international Climate Justice Action, voir l'appel ici. Lors du quinzième sommet sur le climat à Copenhague de la Convention Cadre des Nations-Unies pour les changements climatiques (COP15), nous voulons imposer le 16 décembre un agenda alternatif pour une justice climatique.

Octobre, Minerve. Participation au camp Reclaim the Fields (300 personnes, 20 nationalités) organisé par un réseau européen de jeunes paysans proche de La via campesina, et action contre la SAFER de Languedoc-Roussillon pour réclamer une meilleure distribution des terres pour les jeunes et/ou petits paysans. Pour la première fois, je vais peut-être vendre des photos. Le magazine Campagnes Solidaires de la confédération paysanne m'en a demandé quelques une ! Voir les reportages

Octobre, Montpellier. Atelier Act Now ! des Jeunes Amis de la Terre Europe (40 personnes, 9 pays) pour préparer le sommet de l’ONU sur le climat à Copenhague et échanger sur le thème de la justice climatique : arrêt des fausses solutions comme le marché carbone, la séquestration de CO2 ou les agrocarburants, et mise en place de fonds d’adaptation pour les pays du Sud avec des réduction d’émissions domestique par les pays du Nord. Voir les reportages

Le suicide de mon cousin, céréalier vers Dijon, a été un moment difficile à passer pour notre famille. Tous mes reportages ont été mis en attente.

Je suis ensuite partie en Scandinavie avec deux objectifs :

  • Rejoindre le cap Nord ou au moins passer le cercle polaire. Ce n’est pas la meilleure saison pour le tourisme, mais justement. Et j’ai envie de voir comment est l’hiver arctique.
  • Participer à la COP15 de l’intérieur et de l’extérieur avec les réseaux que je connais depuis le début de l’année.

Voici déjà un résumé de ce début d’automne. Je vous ferais la suite ce soir ou demain (photos de scandinavie, reportage en Suède, Danemark et Norvège), je dois maintenant partir en ville de l’autre côté du fjord voir des pulls tricotés à la main avec la laine locale pendant que le bébé de 6 mois de mes hôtes fera sa visite de contrôle chez le médecin. Nous finirons de planter des piquets pour la clôture des moutons ensuite.

- - - - - - - - - - - - - -

R

Je suis de retour d’Aandalsnes, la ville voisine et terminus du chemin de fer. Elle est située quasiment en face de là où j’habite mais il faut contourner le Fjord en voiture pour y arriver, soit près de 20km de route verglacé, même le bout du Fjord, un bout de mer peu profond, commence à geler. Pendant que mon hôte faisait ses courses, j’ai visité le magasin de l’usine de laine locale. Je suis reparti avec un bon gros pull de laine feutré qui réchauffera sans doute autant ma mère que moi quand je partirai au-delà du cercle polaire dans quelques jours…

Je reprends donc mon récit pour vous expliquer comment je suis arrivé ici. J’étais en mai en Bulgarie, prêt à retourner à Istanbul et continuer mon voyage en Asie. L’un des buts de mon voyage Avenir climat est de comparer la façon dont asiatiques et européens luttent contre le changement climatique. J’ai fais demi-tour car je ne me sentais pas prêt et que la situation au Pakistan semblait peu sûr, peu avant que les manifestations éclatent (et soit cruellement réprimées) à Téhéran.

J’ai choisis il y a six mois de rejoindre un groupe de jeunes militants pour mener une campagne avant la COP15, afin de participer à cet effort mondial pour obtenir un accord historique contre la crise climatique (l’espoir fait vivre n’est-ce pas ?). Je suis resté dans ce mouvement depuis, pour exprimer ma responsabilité dans la lutte tout en continuant d’effectuer des reportages à l’intérieur de ce nouveau mouvement pour faire connaitre sa diversité.

Pour ceux qui ont bien suivis, le départ d’octobre fut le quatrième du projet Avenir climat :

  • Départ 1, février 2008, pour un tour d’Europe et d’Asie. Passage en Europe méditerranéenne et au Moyen-Orient, puis retour en France en août à cause des difficultés pour obtenir des visas pour Purvi, ma collègue indienne.
  • Départ 2, décembre 2008, en Pologne pour la COP14 et un reportage dans l’ancienne forêt de Bialowieza.
  • Départ 3, mars 2009, pour rejoindre l’Asie en suivant le Danube. Demi-tour en Bulgarie comme expliqué précédemment et retour en France en août pour participer au premier camp action climat.
  • Départ 4, octobre 2009, pour la Scandinavie en hiver, afin de participer à la COP15 et de visiter cette Europe du nord qui n’était pas prévus au départ.
  • Départ 5, prévus en janvier 2010, pour l’Asie. On y croit, on y croit ! Je ne sais pas si la frontière irano-pakistanaise sera sûr pour passer en bus, je ferai peut-être le survol en avion Paris-Bombay. Une sérieuse entorse à l’un des principes de mon voyage, donc je réfléchis encore. La compensation carbone n’étant pas une vraie solution, je vais voir si je peux compenser en adoptant un régime végétarien… Voir les cartes du voyages ici

Cette longue introduction faite, laissez-moi enfin vous raconter ce que j’ai fais depuis ce quatrième départ !

Je suis parti en TGV pour Paris puis j’ai pris un bus pour rejoindre une amie à Brême en Allemagne. C’est, je crois, la dernière fois que je verrai le soleil avant 2 semaines. J’ai ensuite pris le train pour Malmö en changeant à Copenhague. Mon train à pris un ferry au Danemark, c’est impressionnant et encore un mode de transport différent pour moi ! A voir ici http://avenirclimat.info/index.php?post/Photo-du-jour-:-en-train-pour-Malmö

R

23 au 25 octobre, Malmö, Suède. Réunion de préparation du sommet de l’ONU sur le climat par le forum européen de la jeunesse (80 personnes, 30 nationalités). J’ai rencontré des personnes intéressantes (Voir la vidéo avec des représentantes des Sami et du Nigéria, tout en anglais, ici) mais la majeure partie ne sont que des habitués des conférences internationales et n’ont aucune idée des enjeux. Reportage également à l’occasion de la journée d’action « 350 » pour réclamer une concentration de 350ppm de CO2 dans l’atmosphère à la fin du siècle. A voir ici

Fin octobre, Copenhague, Danemark. Prise de contact avec les militants locaux de Klima collective, qui assurent entre autres l’organisation logistique du réseau international Climate Justice Action, et du Klima Forum. Visite (en vélo ou sous la pluie froide) de différents lieux qui serviront de centres de convergence, de contre-forum et du centre de conférence de la COP15, le bien nommé Bella Center. (Voir des photos de la ville par ici)

R

Je choisis de prendre le ferry pour rejoindre Oslo depuis Copenhague, c’est plus cher et polluant que le bus, mais j’ai envie de voir l’arrivée dans le fjord d’Oslo. J’ai bien fais car je me réveille le 29 novembre au milieu de ce fjord, le bateau immense longeant des forêts aux chaudes couleurs automnale et sous un magnifique soleil dans un ciel bleu parfait. Avant de rejoindre mon hôte, je parcours la vielle ville et le port de plaisance pour prendre les seuls photos ensoleillé de mon séjour dans la capitale norvégienne. Voir les photos ici

Novembre, Oslo, Norvège. Interview à Aas d’Anne Chapuis, une étudiante en glaciologie, sur la fonte des glaces dans l’arctique (Vidéo ici). Reportages autour de Fagernes sur les paysans et le changement climatique avec le groupe européen de Project Survival Media, publication à venir. J’ai notamment rencontré Ole-Jacob Christensen, un éleveur bio mettant en pratique ses principes de décroissance et syndicaliste paysan, spécialiste du climat. Il représente son organisation Smabrukarlaget, l’équivalent de la confédération paysanne, à l’organisation internationale Via Campesina. C’est aussi un francophone

Je vous laisse, David et moi allons planter des piquets de clôture si le sol n’est pas encore gelé. Avec le vent qu’il fait et une température proche de zéro, il faut s’habiller comme au pôle Nord ! A la prochaine !

Une dernière chose à noter dans vos agendas, plus d'information à venir :

  • Vendredi 8 janvier 2010, en soirée : inauguration d'une exposition de mes photographies à l'hôtel de ville d'Autun, pour présenter mon voyage 2008 + conférence avec la communauté de communes sur le résultat des négociations de l'ONU à Copenhague.
  • Samedi 9 janvier 2010, en soirée à la salle des fêtes d'Auxy : repas de soutien pour mon voyage Avenir climat, avec diaporama entre les plats et concert de Boucherie trad en final.

Bonne journée à vous !

Billet original sur Un voyage A travers l’Europe et l'Asie sur le theme du changement climatique

18/10/09

Sensibiliser le grand public

h

Billet original sur Un voyage A travers l’Europe et l'Asie sur le theme du changement climatique

Que faire au-delà des écogestes pour lutter contre le changement climatique ?

J'ai animé un café-débat hier soir à Autun au café des Tilleuls dans le cadre de la Journée de l'environnement avec le Conseil Local Jeunes. Peut de monde quand même à part les organisateur de la journée. La communication sur mon blog et sur Facebook a pas été suffisante, ni les articles passé dans les 2 journaux locaux, ni la centaine de tract diffusé par le CLJ dans la journée. C'est énervant à la fin, il faut faire une invitation individuel à chacun ?

Enfin bon, comme annoncé, je mets la présentation en téléchargement (PDF, 1,6 Mo). Prochain débat en janvier à la mairie d'Autun sur le retour de Copenhague et des négociations.

Billet original sur Un voyage A travers l’Europe et l'Asie sur le theme du changement climatique

16/10/09

Café-débats à Autun samedi 17 octobre à 18h

cafe des tilleulsJe serai demain après-midi à Autun pour un café-débats organisé avec le Conseil Local Jeune d'Autun et la café des tilleuls (centre-ville d'Autun). Le thème : "que pouvons nous faire au-delà des écogestes pour lutter contre le changement climatique ?".

Si vous êtes sur Facebook, rendez-vous aussi sur la page de l'évènement..

La gazette du Morvan annonce le café-débats dans le cadre de la journée de l'environnement.

gazette 161009

Billet original sur Un voyage A travers l’Europe et l'Asie sur le theme du changement climatique

- page 1 de 5